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Chansons décortiquées - Dans l'imaginaire de Nicola Ciccone
© Photo Thierry Avril
Nicola Ciccone

CHANSONS DÉCORTIQUÉES

Dans l'imaginaire de Nicola Ciccone

Michelle Coudé-Lord
20-03-2010 | 04h00

Il écrit au rythme de ses inspirations au fil des heures et des jours et du temps qui passe. Nicola Ciccone raconte son album Imaginaire.

Tu m’aimes quand même

«L’amour pour moi, c’est accepter l’autre malgré ses défauts. Même si je suis un peu poète et voyou, tu m’aimes quand même. C’est savoir aimer l’autre malgré ses défauts. C’est un peu comme si je voulais dire merci aux filles de nous aimer malgré nos défauts».

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Arrivé jusqu’à toi

«C’est l’histoire d’une personne qui traverse beaucoup d’épreuves, beaucoup de relations pas toujours fructueuses et ensoleillées et, tout à coup, voilà la lumière au bout du tunnel. Un moment donné, il décide d’arrêter sa quête, car il est arrivé à quelqu’un.»

Piccola Italia

«J’étais dans un avion, je m’en allais en voyage à Barcelone; et j’ai eu le refrain en tête. Je me suis dit que ce serait intéressant d’écrire une chanson sur mon quartier. Vigneault a parlé de Natashquan, Desjardins de l’Abitibi, Félix de son île et moi, c’est ma Petite Italie.

Les mots de Nicola

Et s’il y avait un dictionnaire Nicola Ciccone? Allons-y de quelques-unes de ses définitions. Homme de mots, il n’y a rien de banal avec l’auteur-compositeur qu’il est.

L’AMITIÉ: C’est une forme d’amour impérissable. Il a plus de chance de durer que l’amour entre homme et femme, même si on se souhaite tous que l’amour dure.

L’AMOUR: Une ouverture vers l’autre, la générosité vers l’autre. L’amour n’est pas un geste égoïste.

LE MARIAGE: C’est un terme qui est moins à la mode, mais ça reste un beau projet ambitieux.

LA POPULARITÉ: C’est quelque chose de magique, et c’est quelque chose de très rare, très précieux, très fragile. C’est comme une très, très belle femme. Il faut travailler fort, mais en même temps, il faut être réaliste, on ne peut pas faire de miracles. Il y a des choses qu’on ne peut pas contrôler.

LA PLUS BELLE DÉCLARATION D’AMOUR: Accepter l’autre avec ses défauts.

L’ENVIE: Je n’aime pas ce mot-là. C’est un sentiment négatif. J’essaie toujours mieux de me comparer à moi-même.

UN ARTISTE: Ce n’est pas quelqu’un qui vit dans une guerre de chiffres et de performances. C’est un être sensible qui est là pour ressentir les choses et les communiquer. C’est un communicateur de sensibilité.

LA MUSIQUE: C’est un outil incroyable pour partager, pour rencontrer, pour aller vers l’autre, pour passer des messages. Un outil de mouvement incroyable.

LA MORT: C’est un moment dans le temps fixe. C’est quelque chose qui me fait peur par rapport aux gens que j’aime, mais pas par rapport à moi. L’important, c’est de travailler dans ta vie, car chaque seconde est un combat, chaque journée est une victoire... c’est comme cela que tu peux donner chaque jour une claque à la mort. Je crois qu’il y a une vie après la mort.

LA VIE: C’est savourer au jour le jour,vivre la vie pleinement,car tu ne sais jamais ce qui peut arriver.

L’ARGENT: c’est un outil, mais pas une fin en soi.

Et je ne sais pas pourquoi, à Barcelone, je chantais dans la rue, La mia Piccola, piccola italia… et l’inspiration m’est venue. Je parle de la Petite Italie, de ses odeurs, de ses gens, de ses accents; situer aussi mon écriture dans ce quartier-là. C’est tout simplement comme cela qu’elle est née».

Légèreté

«C’est quelque chose que je souhaite à tout le monde, surtout à tous ceux qui vivent à 200 à l’heure. La légèreté, c’est quelque chose d’important dans la vie, car ça nous amène du recul, une certaine sagesse par rapport à nos décisions. Au début de l’année, c’est quelque chose que je souhaite à tout le monde la légèreté. Car mes amis sont tous des fous comme moi, ils travaillent tous très fort.»

J’t’aime pas, j’t’adore

«C’est un cri du coeur, cette chanson-là. En tant qu’auteur, je trouve toujours de nouvelles façons de dire "je t’aime". Alors moi j’ai trouvé, "j’t’aime tout court, tu m’aimes quand même". "J’t’aime pas, j’t’adore", c’est une façon de dire "je t’aime" à quelqu’un, mais d’une autre manière. "J’t’aime pas j't'adore", c’est encore plus fort que "j’t’aime". Je voulais écrire une chanson éclatée, joyeuse, ensoleillée. Le but, c’est de sourire à la fin.»

L’amore esiste ancora (L’amour existe encore)

«C’est la chanson de Luc Plamondon. J’avais fait un hommage à Luc et j’avais chanté L’amour existe encore en italien. Luc était venu me voir pour me dire à quel point cette chanson-là chantée en italien était belle et ça lui donnait une belle profondeur. C’est ma chanson préférée de Luc Plamondon. Et les gens aiment cela quand je chante en italien.»

Boulevard René-Lévesque

«Boulevard René-Lévesque, c’est l’image que j’ai chaque fois que je roule sur cette rue-là. L’image d’unir la ville d’est en ouest. Parfois, on parle de ce qui nous différencie au Québec, mais c’est important aussi de parler de ce qui nous rassemble. Et il y a plein de gens comme mon père, des Italiens, des Grecs, des Québécois pure laine qui ont construit plein de rues en tant qu’ouvriers et qui portent le nom de fondateurs québécois. Mon père a 80 ans et fut un vrai bâtisseur ici. Je voulais par cette chanson donner une image rassembleuse. La chanson le dit: lui et ses amis travaillèrent sans refus pour chaque grand Québécois, ils construisirent une rue. Papineau, Duplessis, Champlain, Jean-Talon, Bourassa, Crémazie, Laurier et Masson. Et cette chanson mettait la table pour l’autre qui suit… L’immigrant.»

L’immigrant

«C’est un sujet d’actualité. Un sujet parfois tabou… j’essaie d’expliquer le déracinement. Quand j’ai terminé l’album, je l’ai fait écouter à des amis qui venaient des régions comme l’Abitibi et le Saguenay et qui ont beaucoup aimé cette chanson. Ils m’ont expliqué que l’immigration se vivait aussi d’une région à une autre. À Montréal, ils se sentaient à leur arrivée comme des immigrants. Ils ont tous vécu un grand déracinement. Ils perdent leurs repères. Je veux que par cette chanson, les gens soient plus sensibles lorsqu’ils entendent quelqu’un dire qu’ils s’ennuient de son chezsoi… faut pas lui dire bêtement de retourner chez eux. Ce n’est pas simple. Tu peux t’ennuyer de tes points de repère. J’ai entendu souvent mon père dire que son ailleurs lui manquait. Mes amis de l’Abitibi ont perdu leurs repères à Montréal.»

Toi et Moi

«C’est un dialogue entre une personne qui veut aimer l’autre et une autre personne désabusée par rapport à l’amour. Une belle chanson rythmée.»

L’amour est un porc-épic

«Une des mes idoles est Jacques Dutronc. J’adore sa chanson, Le cactus. J’avais le goût de faire une chanson qui bouge et qui a un message. Ce qui n’est pas toujours facile. Lui, il compare la vie à un cactus, moi je dis que l’amour pique aussi, donc ça donne l’amour est un porc-épic. C’est aussi une chanson plus éclatée, moins intense. C’est important dans un album d’avoir plusieurs dimensions, de changer complètement de décors.»

La danse du pourquoi

«Ce n’est pas une chanson qui veut porter un jugement, mais il y a plein de choses dans la vie qui arrivent et qu’on ne comprend pas vraiment et dont on ne connait pas l’origine. Ça reste dans le domiane de l’inconscience humaine... comme lorsque j’écris, une jeune adolescente voulant changer le monde, au nom de Dieu, vient à vêtir son corps de bombes, elle ouvre grand les bras sur nous et sur nos coeurs, puis part vers l’au-delà...»

La dérive des continents

«J’avais une image de deux continents qui se séparent et deux coeurs qui se séparent; je trouvais que l’image était forte pour symboliser la séparation. Bien des gens qui s’aiment vivent dans des continents différents. Chacun décidera ce que veut dire cette chanson pour lui ou elle. Mais pour moi, c’est ma façon de parler d’une rupture.»

Les mots qu’on a peur d’entendre et Féminité

«Au début, j’ai écrit le couple de la chanson Féminité, une chanson dédiée aux femmes atteintes d’un cancer du sein. J’ai vu à travers une amie atteinte d’un cancer du sein prendre une aussi une belle route malgré cette épreuve. Le mot cancer n’était pas une fatalité pour elle. Cette chanson rend hommage à toutes celles qui luttent et ceux qui les aident. Ce sont des battantes.»

POURQUOI LE TITRE IMAGINAIRE?

«Moi, je viens du petit monde. À défaut d’avoir de l’argent, j’avais l’imaginaire... mes amis ne sont pas des auteurs-compositeurs, y’en a même qui sont des voyous, mais moi, grâce à l’écriture et la musique, je suis resté debout.»

L’album Imaginaire sera en magasin le 23 mars.

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