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CMW | M pour Montréal - Du talent qui déborde de l'île
© Caroline Ethier
Beast en spectacle au Guvernment, à Toronto, le jeudi 11 mars 2010.

CMW | M POUR MONTRÉAL

Du talent qui déborde de l'île

Martin Dame | Collaboration spéciale
12-03-2010 | 15h07

TORONTO - La mission de M pour Montréal est simple: faire rayonner le talent québécois en l’exportant sur des scènes internationales.

Cette année, de grosses pointures à tendance électronique, tonifiées façon rock, sont présentées aux Torontois: Champion et ses G-Strings, Beast et Misstress Barbara.

Misstress Barbara

On a confié à la ravissante DJ la tâche de réchauffer l’auditoire, défi qu’elle a relevé avec brio.

Ses années d’expériences comme DJ de calibre international l’ont rendue parfaitement à l’aise devant son public qu’elle contrôle à sa guise.

Il chante, danse, crie et tape des mains sur commande lorsque la Misstress lui fait signe.

Quelques pièces à saveur techno ont suffi pour enivrer les fans. Massés devant la scène à se déhancher, ils admirent de près la Misstress affairée à modeler les sons avec passion et plaisir communicatif.

Nous avons eu droit à quelques surprises, dont une reprise moderne et très réussie de Dance Me to the End of Love de Leonard Cohen. La DJ a aussi profité de l’occasion pour baptiser devant public un nouveau titre, Triangle of Love.

Beast

Au tour de la formation Beast d’envahir la scène du club Guvernment maintenant remplie d’une foule de curieux et de quelques fans avides (des Montréalais expatriés, sans aucun doute). Peu importe, la salle sera vite subjuguée par la force que déploie la bête montréalaise.

De l’énergie, la bande de Jean-Phi Goncalves (batterie) et Betty Bonifassi (voix) en a à revendre. Une confiance palpable émane de Bonifassi tout au long de son tour de chant, faisant écho à son refrain «Don’t mess with a beast, Mr. Hurricane». Ne cherchez pas non plus la chanteuse lorsqu’elle est sur scène. Même un ouragan ne saurait la ralentir dans la livraison sentie de ses chansons.

Malgré la charge de décibels que son corps expulse, chaque note poussée par Betty semble sans effort. Quelques grimaces traduisent l’émotion dont elle imprègne ses mots, question de mieux les communiquer à ses auditeurs.

L’indéniable chimie qui lie le batteur et la chanteuse atteint un point culminant lors de la dernière pièce présentée, Satan. Ayant reçu l’ordre de «taper des mains jusqu’à ce qu’elles saignent», la foule observe avec joie le rap désinvolte de Goncalves et Bonifassi.

Une belle conclusion à un spectacle d’une solidité déconcertante, prêt à envahir avec succès les plus grandes scènes du monde.

Champion et ses G-Strings

Les lumières de la salle se tamisent. C’est presque la pénombre sur scène. Les spectateurs ont des fourmis dans les jambes.

À travers la noirceur, on perçoit une armée de guitaristes se mettre en place. Chacun devant sa monture, une panoplie de pédales d’effets de toutes sortes.

Le champion s’amène et dirige ses G-Strings au moyen de gestes chorégraphiés et d’un portable Apple.

Les premières minutes de la longue intro est toute en nuance. Beat effacé, basse retenue, guitares lancinantes. L’état de trance s’installe chez les spectateurs, mais la tension monte aussi. Ceux-ci sont d’abord et avant tout venus pour danser au son du DJ.

Le DJ le sait. Il sait aussi que plus il les retient, plus ils s’éclateront quand les beats «coup de poing» arriveront. Au bout de quelque sept minutes d’ambiance trance rock, le beat martèle. Les fans explosent.

Champion gagne encore une fois son pari.

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