FRED FORTINVoyage astralCédric Bélanger 26-09-2009 | 20h00
Mettant de côté le ton intimiste de ses précédents albums, le chanteur du Lac-Saint-Jean Fred Fortin nous emmène en voyage dans son imaginaire et nous présente des personnages hauts en couleur sur Plastrer la lune, qui arrive mardi, cinq ans après Planter le décor. D’abord, le titre. Plastrer, ça veut dire plâtrer en langage jeannois, explique Fred Fortin, qui a découvert que ce régionalisme n’était pas si répandu que ça lorsqu’il a décidé d’en faire le titre de son opus. «Chaque fois que je dis plastrer, les gens ne comprennent pas. Je me suis tiré dans le pied(rires). En fait, je l’ai su en faisant l’album que ça ne s’utilisait qu’au Lac et un peu en Abitibi. Que ce soit un régionalisme, ça m’a incité davantage à le garder», précise Fortin. Ça convenait d’ailleurs parfaitement au style d’écriture plus éclaté de Fortin, qui flirte avec la légende et la mythologie sur Plastrer la lune. «Je ne voulais surtout pas répéter l’album que je venais de faire et plonger dans la mélancolie extrême. Je voulais aller dans quelque chose de plus imaginaire dans l’écriture, avoir des personnages, aller chercher de la chaleur, d’autres sortes d’émotions.»
UNE CHANSON POUR SA FILLELe ton est donné dès le départ avec Bobbie, pièce nous décrivant celui que les villageois surnomment «le tueur» et dont tout le monde a peur. L’auteur se défend pourtant d’avoir dépeint un véritable criminel. «Je ne sais pas s’il est méchant. C’est le gars que tout le monde connaît, qui a l’air mauvais et qui fait peur quand tu es petit. Ce sont des personnages mythiques dans les petites régions. C’est un peu comme le Bonhomme Sept Heures. Mais pour moi, dans le fond, peut-être que cet individu est super doux et on ne le sait pas», dit Fortin, qui a aussi écrit une chanson pour sa fille, La merveille masquée, à la demande pressante de cette dernière. «Elle m’a dit : "Papa, tu ne m’as jamais écrit de chanson. T’en as écrit une à maman, une à Charlie et moi, j’en ai jamais eue." J’étais donc mieux de respecter la commande. Elle est super contente. Sauf que le plus jeune dit que c’est sa toune aussi, donc ça fait de la chicane.»
RETOUR AVEC FERSENEn parallèle, il est question que Fortin collabore de nouveau avec Thomas Fersen. On se rappelle qu’il avait réalisé le dernier album de l’artiste français, Trois petits tours, paru l’an dernier. «J’ai déjà travaillé cinq ou six chansons avec lui. On va voir si ça marche dans le temps. Ça s’enligne pour ça», dit celui qui est aussi le porte-parole d’un tout nouveau festival musical dans son village natal, le Coup de grâce musical de Saint-Prime, qui aura lieu lors du week-end de l’Action de grâces. «On veut faire un événement pour les prochaines années. On commence plus petit, mais quand même avec une bonne programmation, avec Les Dales Hawerchuk, Duchess Says, Karkwa, Band de garage, Vincent Vallières et Malajube. J’y ferai mon lancement d’album.» Fred Fortin sera au Théâtre Petit-Champlain de Québec, le 10 décembre, et à l’Ex-Centris de Montréal, le 12 décembre.
Merci William!Grâce à William Deslauriers, la chanson Moisi Moé’ssi, que Fred Fortin a composée il y a belle lurette, connaît une popularité que son auteur n’aurait jamais imaginée, d’autant plus qu’il a failli ne jamais l’inclure sur un de ses albums. Moisi Moé’ssi a trouvé refuge sur son premier album, Joseph Armand Frédéric Fortin Perron, sorti en 1996, grâce à l’insistance d’un ami du chanteur de Saint-Prime. «J’en avais fait un démo qui ne devait même pas se retrouver sur le disque. C’est un pur hasard. Je l’ai ajoutée à la fin, à la suggestion d’un de mes amis. Moi-même, à ma première tournée, je ne la faisais même pas», dit Fortin, qui s’est dit impressionné par le succès que Deslauriers connaît avec ce titre qu’il a presque renié. «Qu’elle ressorte ainsi, c’est drôle, dans le contexte d’une grosse machine comme Star Académie. C’est tout un contraste par rapport à moi. Je ne sais pas jusqu’où c’est la chanson ou la promotion qui fait la différence. Au-delà de ça, William y est pour beaucoup avec son charisme. Il aurait pu chanter bien d’autres tounes et faire des hits avec elles.» Chose certaine, Fred Fortin, dont les albums se vendent normalement à environ 10 000 exemplaires, affichait un large sourire quand il a reçu son premier chèque de royautés. «Mon gérant vient de m’appeler pour me dire ça. Je pense que je vais passer un beau lundi soir », a conclu Fortin en rigolant.
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