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Tony Roman - Une oeuvre à perpétuer
© Journal de Montréal
Tony Roman

TONY ROMAN

Une oeuvre à perpétuer

Pierre O. Nadeau
16-08-2009 | 08h51
Deux ans après la mort de Tony Roman, sa veuve a décidé de perpétuer sa mémoire en lançant une compilation de ses succès, à commencer par Do Wha Diddy!

«Il est important que les gens se rappellent tout ce qu’il a réalisé», commentait au Journal Anne Bojnowski, sa complice des 15 dernières années.

Produite par Musicor, la compilation C’est fou, mais c’est tout aligne tout d’abord 17 de ses succès, dont Hanky Panky, Sha La la la, Attends-moi, je reviens (avec Nanette), Du pain et du beurre, Le pénitencier, Hey Joe (avec Nanette), Fleurs d’amour et d’amitié (avec Nanette) et La grosse Mado.

En supplément, on retrouve cinq chansons d’artistes produits par Tony Roman, dont Nanette (Et maintenant), Johnny Farago (Je t’aime, je te veux), Les Baronets (C’est fou, mais c’est tout), Patrick Zabé (Les lunettes), Stéphane (Quand tu liras cette lettre) et La révolution française (Québécois).

«Cette compilation résume une partie de son oeuvre», explique encore Anne Bojnowski, qui aimerait bien que la biographie de Tony Roman soit un jour portée au petit ou au grand écran.

«D’ailleurs, il avait déjà commencé à rédiger son histoire», nous dit la veuve du créateur, mort le 8 juin 2007 d’un cancer du foie.

Son charisme

Lorsqu’on lui demande la plus belle qualité de Tony Roman, sa complice répond aussitôt: «Son charisme. Quand il arrivait quelque part, il attirait tous les regards. Il avait un charisme fou.

«En plus, c’était un homme d’une grande générosité, toujours prêt à aider les autres. Bien sûr, il aimait les femmes. C’était un homme à femmes», dit-elle, en souriant, de celui qui avait réussi à convaincre Nanette Workman de quitter les États- Unis pour venir s’établir au Québec.

«Il travaillait beaucoup. En fait, il travaillait tout le temps. À la maison, il était sans cesse installé devant son ordinateur à mijoter des projets. Tant qu’il avait des pâtes pour se nourrir, il était heureux», ajoute son ex en souriant.

Des airs américains

Tous les succès de Tony Roman provenaient d’adaptations d’airs américains, dont son fameux Do Wha Diddy, emprunté à Manfred Mann.

Il en avait vendu 130 000 exemplaires (lire : 45-tours). C’est avec cette chanson qu’Antoine D’Ambrosio, alias Tony Roman, avait fait sa première apparition publique, en 1964, à l’émission Jeunesse d’aujourd’hui.

Devenu producteur de disques, il produit notamment C’est fou, mais c’est tout, du groupe Les Baronets, dont faisait partie René Angélil. Il réalise les disques de plusieurs artistes, dont Patrick Zabé, Johnny Farago, Nanette Workman, Nicole Martin et, plus tard, Richard Séguin, Georges Thurston et Gilles Valiquette.

Une de ses dernières réalisations a été d’écrire la base du scénario du long métrage Camping sauvage, de Guy A. Lepage.

À son décès, Christine St-Pierre, ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, a souligné « sa contribution novatrice à notre héritage culturel », ajoutant : « Il a été l’une des figures de proue de la modernité musicale québécoise. »

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