GUY NADONLe Roi du drumFrédéric Perreault - Vidéoreporter 13-07-2009 | 16h27
«Je viens d'une famille pauvre du Faubourg à m'lasse, mes parents voulaient que je devienne comptable mais moi, je voulais jouer du drum. Je me suis monté une batterie avec des cannes de bines Clark, des canisses d'huile, des assiettes à tartes pis des barreaux de chaises» affirme le musicien qui a commencé à jouer avec sa batterie maison dans les parcs de la ville dès l'âge de dix ans. «J'ai pu m'acheter mon premier drum en 1947, en ramassant mes paies de 3$. Je l'ai payé 150$ chez Archambault». Véritable institution dans le monde du jazz à Montréal, Nadon a roulé sa bosse au fil des six dernières décennies, jusqu'à ce que le style musical devienne de moins en moins populaire et jusqu'à la fermeture des cabarets. «Dans le temps, il y avait des centaines de clubs à Montréal, maintenant, il n'en reste presque plus. C'est triste pour les nouveaux musiciens» affirme Nadon avec un brin de nostalgie. «Ça fait pas beaucoup de sous un musicien, mais si c'était à refaire, je referais la même chose».Malgré ses 75 ans, Guy «le Roi du drum» Nadon sait encore manier ses baguettes avec brio, comme il a pu le prouver samedi dernier dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal où il s'est produit sur la scène principale devant quelques centaines de spectateurs qui se sont déplacés malgré le mauvais temps. En plus de la musique, le personnage est un véritable farceur qui ne peut que faire sourire son auditoire avec ses histoires. Voir un spectacle de Guy Nadon, c'est s'incliner devant le jazz, le drum et la bonne humeur. |