MANON LÉVESQUEDes chansons à raconterCédric Bélanger 20-06-2009 | 04h00
Sept ans après son premier essai, Vertiges, Manon Lévesque nous présente Plus fort que nous, album sur lequel elle met à l’écart le style métaphorique de ses débuts pour faire place à la raconteuse d’histoire en elle. «J’avais le goût que les textes passent et que ça se rende plus directement jusqu’au public», signale l’auteurecompositrice- interprète originaire de Sainte-Hélène de Kamouraska. Pourtant, ce n’est pas d’hier que Manon Lévesque aime raconter des histoires. Tout a d’ailleurs commencé dans son Kamouraska natal, se remémore-t-elle. «Je me souviens que ma mère avait été surprise de voir que je m’étais enregistrée sur une radiocassette. J’avais inventé un conte qui aurait pu faire un livre d’histoires pour enfants. Je m’étais enregistrée pendant trente minutes avec toutes les voix et les dialogues. Je pense que le goût de raconter des histoires vient de là. Je crois que je n’ai pas osé prendre contact avec ça avant aujourd’hui. Auparavant, j’essayais d’intellectualiser la musique», dit celle dont l’idole est justement un type qui aime faire travailler l’imaginaire du public, Richard Desjardins.
INSPIRATION«Il est capable de susciter des réactions autant dans ses monologues que dans sa musique. Si on écoute son spectacle au Club Soda, il peut nous faire rire, nous toucher. C’est une grande inspiration.» Pendant les sept années qui ont séparé Vertiges de Plus fort que nous, Manon Lévesque a enseigné le chant. Cette pause lui a permis de se ressourcer et d’apprendre la guitare. Avec son amie Nathalie Pascal, elle s’est mise à écrire des chansons et s’est finalement aperçue, l’an dernier, qu’elle disposait de suffisamment de matériel pour enregistrer un album. C’est alors qu’est entré en scène l’exmembre d’Okoumé Hugo Perreault. Rencontre cruciale, affirme Manon Lévesque, car Perreault a donné à Plus fort que nous un son que sa créatrice n’avait pas envisagé. «Au départ, on voulait un disque simple avec peu d’arrangements. Mais Hugo est très polyvalent, c’est un multi-instrumentiste. Finalement, c’est devenu beaucoup plus étoffé que je le pensais. Malgré tout, ce n’est pas surchargé.»
EN DANGERTout cela a donc donné une collection de chansons tantôt douces, tantôt plus denses, avec toujours un soupçon de folk en arrière-plan. Des pièces que Manon Lévesque n’hésite pas à triturer un tantinet sur les planches, histoire de s’extraire de sa zone de confort. «Je vais refaire chaque soir la même chanson, mais jamais la même version. À travers une rigueur, une structure, je me mets en danger pour improviser. Pour moi, c’est nouveau. Je ne le faisais pas avant.» |