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Upstairs - Double programmation de jazz
© Agence QMI/Jean-Francois Cyr
Le contrebassiste-compositeur-interprète Normand Guilbeault, à gauche, et Joel Giberovitch, le propriétaire du bar de jazz le Upstairs.

UPSTAIRS

Double programmation de jazz

Jean-François Cyr
31-05-2009 | 20h23

Pour ajouter une goutte de jazz plus classique dans la mer musicale du Festival international du jazz de Montréal (FIJM), le Upstairs, une référence en matière de jazz en ville, lance encore cette année une double programmation qui saura certainement plaire aux érudits tout comme aux néophytes. Rencontre avec deux hommes qui mangent du jazz.

Le propriétaire du bar Upstairs (qui fête sa 15e année d’exploitation), Joel Giberovitch, un authentique jazzophile, et le passionné contrebassiste-compositeur-interprète Normand Guilbeault (il a collaboré à de nombreux albums, spectacles et autres productions) me reçoivent dans ce mythique bar de jazz de la rue McKay.

L’idée est toute simple au départ, à savoir discuter du programme estival du Upstairs qui commence le 1er juin et, du même coup, celui ébauché en collaboration avec le FIJM, dont la 30e édition se tiendra du 30 juin au 12 juillet 2009.

Après quelques minutes, voilà que la discussion «s’enflamme». Bien que la réputation de réactionnaire de Normand Guilbeault n’est plus à faire dans le milieu, je suis néanmoins étonné de la fougue de ce «puriste» et fondateur du maintenant très connu Off Festival de jazz.

«La situation du jazz est catastrophique. À Toronto, et partout ailleurs au Canada, c’est terrible. À Montréal, c’est un peu moins pire, grâce entre autres à Joel», lance M. Guilbeault. Au moins, il existe encore ces quelques endroits (le Upstairs, le Modavie, la Maison du jazz) où nous pouvons jouer à l’occasion», ajoute-t-il. Définitivement, le musicien est inquiet, car, selon lui, malgré la grosseur du Festival de jazz de Montréal, le genre musical à mal.

Difficile, mais pas tragique

Mais M. Giberovitch réplique ensuite que la situation n’est pas désespérée. «Alain Simard et son équipe (Spectra) travaillent très fort. Ils ont une vision que je respecte. Pour ma part, ils sont d’une aide importante. J’apprécie travailler avec eux et je crois que leur événement aide beaucoup à promouvoir le jazz ici et ailleurs. Et ma mission première, c’est justement faire connaître et apprécier le jazz».

En juin, il sera d’ailleurs possible de goûter à beaucoup de jazz puisque l’endroit présentera des spectacles tous les soirs durant le mois de juin : Simon Legault Quartet, Jean Beaudet Trio, Normand Guilbeault, Eric Hove Trio, Brian Hurley Quartet, Dawn Tyler Watson et bien d’autres.

Pour ce qui est de l’autre programmation du 2 au 12 juillet, le Upstairs propose, en collaboration avec le FIJM, des spectacles comme Sheila Jordan, Karen Young, Yannick Rieu ou encore Helen Merrill.

Quant à une collaboration définitive avec le FIJM, Guilbeault hésite. Il faut dire que l’idée de créer le Off Festival de jazz (qui fête son 10e anniversaire cet été) était justement de répondre à une insatisfaction grandissante des musiciens montréalais qui ne trouvaient pas leur compte dans le grand événement annuel organisé par Spectra.

«De nombreux musiciens que je connais éprouvaient beaucoup de frustration à l’endroit du FIJM. C’était gros et pas toujours adapté à nos besoins, c’est-à-dire faire de la musique pour notre public dans des conditions respectables».

Dix ans plus tard, le contrebassiste avoue avoir quand même changé quelque peu d’opinion. Il se dit même prêt à travailler avec Alain Simard et le FIJM. «Je crois qu’il est temps que tout le monde travaille ensemble. Le problème des musiciens de jazz, c’est qu’on reste beaucoup dans notre bulle, on fait nos affaires de notre côté. Il faut développer ensemble des façons de faire», affirme l’homme qui ne veut qu’une seule véritable chose, continuer à performer.

Pour preuve que les temps changent, Normad Guilbeault fait à la fois partie du programme du Upstairs et du FIJM. La transition est lente, mais tangible.

Une année toute spéciale

Cet été, c’est donc un moment symbolique important pour le Off qui en est à planter dix bougies dans son noyau de jazzmen montréalais.

C’est aussi une année fort significative pour le milieu du jazz lui-même, puisque la 30e saison du Festival international de jazz de Montréal voit naître la Place des festivals et la Maison Rio Tinto Alcan du Festival (qui abritera la nouvelle salle Astral). Une décision fort encourageant pour Joel Giberovitch, qui suit de près les développements entourant ces nouveaux projets.

Enfin, ce 30e Festival international de jazz de Montréal présente une programmation à la fois fidèle et ambitieuse, dans laquelle le Upstairs a su trouver sa place, au grand bonheur des amateurs et des musiciens du jazz.

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