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Bob Dylan |
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BOB DYLAN
Toujours talentueux
Darryl Sterdan
02-05-2009 | 04h00
«People think they know, but they’re all wrong.» Voilà huit
mots qui résument parfaitement la carrière de Bob Dylan. Du
moins, c’est ce qu’on croit, même si on a probablement tous tort.
Si Dylan est resté génial au fil des ans, c’est grâce
à sa prose impénétrable et mystérieuse; son habileté
à demeurer indéchiffrable même en s’expliquant;
ses mensonges qui mettent la vérité en
lumière; son côté intemporel et contemporain…
En bref, on peut dire qu’il a toujours été très doué
pour nous mélanger.
Après presque 68 ans et 33 albums studio, le
maître est toujours aussi talentueux. Together
Through Life est un véritable chef-d’oeuvre de
complexité que vous apprécierez toujours un peu
plus après chaque écoute.
À première vue, c’est un album de blues qui parle
d’amour, rempli de chansons qui rappellent les
classiques de Chess Records durant l’ère de gloire
de Muddy Waters dans les années 50.
VIE ET MORT
Les 10 pistes traitent de la vie et de la mort, de
tragédie et de triomphe, de rêves et de réalités.
À part le blues, on y retrouve des éléments de
plusieurs autres styles musicaux (tex-mex, cajun,
country, americana et j’en passe) ainsi qu’un son à
la fois nostalgique et étrangement rafraîchissant.
Au bout du compte, votre appréciation
dépendra de ce que vous recherchez.
Si vous voulez juste écouter du bon blues et voir
ce que fait Dylan ces temps-ci, aucun problème. Si
vous tenez à déchiffrer le sens de ses dernières
réflexions, alors bonne chance. Et si vous préférez
vous plaindre que sa voix ressemble à celle d’une
grenouille après une trachéotomie, ou encore que
ses paroles ne sont plus que l’ombre de ce qu’elles
étaient, c’est votre droit. Tant et aussi longtemps
que vous réalisez que vous avez tort.
Together Through Life, c’est...
BEYOND HERE LIES NOTHIN’ - 3:51
Accompagné d’un groove de samba torride
qui fait penser à Tom Waits dans une reprise
d’Otis Rush, Dylan nous parle d’amour, tout
simplement.
LIFE IS HARD - 3:40
Une jolie balade traditionnelle agrémentée
d’une mandoline frémissante, d’un jeu de batterie
avec des balais et d’une guitare slide
mélancolique. Il paraît que c’est la première
que Bob a écrite pour cet album.
MY WIFE’S HOME TOWN - 4:15
Dylan s’inspire de I Just Wanna Make Love
To You de Willie Dixon dans cette ode languissante
et moqueuse d’une femme qui vient littéralement
de l’enfer.
IF YOU EVER GO TO HOUSTON - 5:50
Sur un rythme R&B/tex-mex plat et paresseux,
l’accordéon de Hidalgo raconte la triste
histoire d’un pistolero au coeur brisé. Si seulement
Doug Sahm était encore en vie…
FORGETFUL HEART - 3:43
Avec un banjo métallique soutenu par un son
de guitare flou et boueux, cette pièce aurait sa
place autant sur une terrasse que dans un des
fameux juke-joints du sud des États-Unis.
JOLENE - 3:50
Bob emprunte une chanson de Dolly et l’adapte
en blues nonchalant couronné d’un sifflement
accrocheur et d’un refrain hilarant:
«Baby I am the king, and you is the queen.»
THIS DREAM OF YOU - 6:00
La seule composition signée uniquement
Dylan sur l’album, c’est cette ballade mélancolique
à l’accordéon qui fait penser à Marty Robbins
en train de chanter Blue Bayou de Roy
Orbison dans la célèbre Rosa’s Cantina.
SHAKE SHAKE MAMA - 3:37
«Shake shake mama like a ship going out to
sea», lance Bob dans ce blues rauque, brêlant
et écrasant. Ses cordes vocales ravagées
ont rarement été aussi parfaites.
I FEEL A CHANGE COMIN’ ON - 5:25
Une autre jolie piste (à cheval entre le
country et le soul) avec de l’orgue et des
guitares mélodiques. Dylan mentionne au
passage Billy Joe Shaver et James Joyce
avec un petit clin d’oeil à Hank Williams.
IT’S ALL GOOD - 5:31
Pendant qu’un bon groove cajun cuit à
feu doux, Dylan énumère une pléiade de
malheurs (des politiciens malhonnêtes
aux femmes infidèles) puis jure qu’il ne
changerait rien même s’il le pouvait
(«I wouldn’t change it, even if I could»).
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