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Lhasa de Sela - Au bout de ses rêves
Courtoisie

LHASA DE SELA

Au bout de ses rêves

18-04-2009 | 04h00
Moins dramatique, plus personnel, uniquement en anglais, et non pas trilingue comme The Living Road, le nouvel album de Lhasa de Sela nous fait découvrir une artiste qui se dévoile davantage à travers son art.

Six longues années se sont écoulées depuis son précédent effort, qui lui avait valu une notoriété planétaire.

Six années au cours desquelles la Montréalaise d’origine américano-mexicaine a jeté lentement les bases de cet album éponyme, qu’elle a elle-même produit.


«L’idée est toujours que les chansons qu’on entend soient le plus proche possible de ce que j’imagine. Je ne veux pas dire que je n’aime pas ça, mais quand je travaille avec des producteurs, ce sont leurs rêves qui se mêlent aux miens. Pour cet album, je voulais voir jusqu’où je pouvais aller avec mes rêves à moi, en toute simplicité. Je voulais voir ce que je pouvais faire toute seule», affirme l’artiste.

En résulte une collection de chansons au ton plus intime, plus près de ce que Lhasa est vraiment.


«Pour le premier album (La llorana), c’était presque un personnage que je jouais. Il y avait un côté très dramatique. Sur Lhasa, le dramatique est disparu. C’est l’émotion simple. Il n’y a pas de théâtralité. Il me représente davantage, mais chaque fois que je fais un album, j’ai l’impression que c’est plus moi. Je crois que ça sera comme ça toute ma vie. On ajoute des couches, mais on n’arrive jamais vraiment à dire: voilà, c’est vraiment moi. C’est un processus qui est constant», ajoute-t-elle.

POURQUOI L’ANGLAIS?

Enregistrement à l’ancienne

En plus de mettre de côté le français et l’espagnol, Lhasa a aussi choisi de délaisser le numérique et d’enregistrer ce nouvel album à l’ancienne.

À deux pas de chez elle, Lhasa a déniché le studio Hôtel 2 Tango. Elle a su immédiatement que c’est là, dans un local qui ne contient aucun ordinateur, «que de vieilles machines», qu’elle allait concevoir le successeur de The Living Road.

«J’avais envie d’essayer ça, parce qu’enregistrer de façon numérique, ça me déprimait un peu», dit Lhasa, qui préfère le travail en groupe.

«Le numérique, c’est un processus assez solitaire. Tout le monde enregistre séparément. C’est un peu comme un laboratoire. Pour quelque chose qui est aussi social que la musique, c’est vraiment dommage de découper le processus d’enregistrement en petits morceaux, et que chacun affronte l’enregistrement seul.

Pour moi, c’est plus stressant. Quand nous sommes tous ensemble, c’est plus musical, c’est différent.»

DISCOGRAPHIE

  • 1998: La llorona
  • 2003: The Living Road
  • 2009: Lhasa

SUR LE WEB

lhasadesela.com
Certains fans pourraient être déçus de la décision de Lhasa de délaisser le français et l’espagnol.

Mais pour l’artiste, il importe davantage de suivre ses envies que de chercher à plaire absolument.

«La première fois, j’ai fait un album en espagnol et l’on m’a dit que ce serait difficile parce que ce n’était pas très commercial. Pour le deuxième, on me disait que c’était bizarre parce que je chantais dans trois langues. Alors, je n’écoute plus trop (rires). Pour moi, l’important, c’est que ce soit de la bonne musique. De toute façon, il n’y a aucune garantie que les gens vont continuer d’aimer ce que l’on fait, si l’on fait la même chose tout le temps», révèle celle qui savait depuis longtemps qu’elle ferait un album entièrement dans la langue de Shakespeare.

«Sans savoir exactement pourquoi, je le sentais depuis longtemps. C’est ma langue maternelle. Ces dernières années, j’ai écouté beaucoup de musique anglophone alors que pour les autres albums, c’était vraiment mélangé. Cette fois-ci, toute mon attention et mes envies se sont tournées vers l’anglais.»

EN ISLANDE

Le premier extrait, Rising, a été lancé il y a quelques semaines. Mais ce n’est pas avant l’automne que les mélomanes pourront entendre le fruit du travail de Lhasa sur scène.

D’ici là, elle se permet une seule incartade, soit une participation à un festival à Reykjavik, en Islande, patrie de Sigur Ros, Bjork, Mum et bien d’autres.

«On ne pouvait pas résister à cette invitation, justifie-t-elle. Je ne suis jamais allée en Islande, et beaucoup de gens autour de moi, dont mon ami Patrick Watson, m’en ont tellement parlé en bien qu’il fallait qu’on y aille. Et puis, c’est tout proche. Ce n’est qu’à quelques heures d’avion.»

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