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GUY-PHILIPPE WELLS - S’approprier la nordicité
Courtoisie
Guy-Philippe Wells

GUY-PHILIPPE WELLS

S’approprier la nordicité

Cédric Bélanger
28-03-2009 | 04h00
Trois ans après l’excellent Futur antérieur, le Chicoutimien Guy-Philippe Wells livre, mardi, Brise-glace, un album moins personnel, «plus ouvert sur les autres», qui se veut en même temps un plaidoyer pour l’hiver québécois.

Dès le départ, l’auteur-compositeur-interprète à la voix grave avait le titre Brise-glace en tête, qu’il trouvait évocateur.

«Ça parle de s’approprier notre espace, l’endroit où on vit. On a une relation amour-haine avec l’hiver. Je pense que nous assumons plus ou moins bien que l’on soit un pays nordique. J’avais le goût que l’album soit une appropriation du territoire et de son climat», raconte Wells, en entrevue au Journal.

Mais alors que, sur Futur antérieur, il s’attardait surtout à présenter qui il était, Guy-Philippe Wells avance que son deuxième opus «ouvre un chemin vers les autres».

Il en tient pour exemple son duo avec Elisapie Isaac, chanteuse inuit du groupe Taïma, sur la pièce Pergéliseul.

«L’idée est de faire un rapprochement entre deux peuples qui vivent sur le même territoire, mais ne se connaissent pratiquement pas. C’est donc de créer un lien nord-sud, mais on peut le voir aussi est-ouest. Par exemple, dans Fusion horaire, on imagine ce qui est en train de se passer à la même heure du jour, simultanément, dans d’autres fuseaux horaires.»

INQUIÉTUDE

Conseiller politique de Lucien Bouchard dans une autre vie, le chanteur évoque, dans Petit pays, son inquiétude face au silence qui entoure le projet de faire du Québec un pays.

«Ce n’est pas une chanson de déception, dans la mesure où il y a une ouverture sur l’avenir. Mais je suis inquiet de la volonté que les gens d’ici ont de finalement aboutir à quelque chose qui ressemble à un pays. Je ne sens pas ce souffle. Je ne sais pas dans quoi c’est pris, mais en même temps, je ne sens pas que c’est disparu. C’est comme dans un noeud tissé serré et je ne sais pas ce qui va sortir de là.»

ENREGISTREMENT

Outre la présence d’Elisapie Isaac, on note aussi la collaboration de Jean-Guy et Sylvie Moreau pour le titre En cas d’urgence, qui a été écrit par Daniel Beaumont, de Tricot machine.

Sur le ton de la narration, on y entend une série d’avertissements que l’on retrouve dans les lieux publics ou sur des objets qu’on utilise dans la vie de tous les jours.

«Daniel Beaumont m’a envoyé un texte, car je lui avais dit que le titre de l’album serait Brise-glace. Il était dans un autobus et a vu l’avertissement: En cas d’urgence, brisez la glace. Ça a donné ce texte», note Wells, qui a pu obtenir le concours des Moreau pour l’hilarant enregistrement de la chanson.

Sylvie Moreau, notamment, dicte sa partie sur tous les tons, du très sérieux au complètement loufoque.

«C’est de la belle niaiserie comme je l’aime. Les deux se sont amusés. J’étais mort de rire. On entend une trentaine de mises en garde, mais ils ont dû en enregistrer 150. On pleurait dans le studio.»

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