LANCEMENT DES DISQUES NOMADEPlus qu'une simple maison de disquesMarc-André Boivin 17-02-2009 | 13h27
Pas évident de fonder une maison de disques par les temps qui courent. Il faut dire que la conjoncture économique n'est pas nécessairement favorable à l'industrie musicale. N'empêche, on inaugurait, aujourd’hui à Québec, un nouveau joueur dans l’industrie du disque : les Disques Nomade. Cette maison se veut particulière et se dit beaucoup plus proche des artistes. «Je dirais que nous sommes davantage une maison d'artistes qu'une maison de disques parce que nous nous concentrons sur l'accompagnement artistique. Nous cherchons à savoir ce qu'il y a de mieux pour les artistes en effectuant du réseautage», confie d'entrée de jeu Éric Blanchard, le directeur artistique de la compagnie. M. Blanchard est une figure bien connue du monde musical de la région de Québec, lui qui a fait partie du groupe Eonz et qui a apposé sa griffe à différents projets en tant que créateur et réalisateur. «Souvent, les artistes ont besoin d'aide, que ce soit pour écrire des chansons, pour la mise en scène ou pour roder des spectacles, mais ils ne savent pas vraiment à qui s'adresser pour le faire. Alors, nous les mettons en contact avec des gens», explique-t-il. Les instigateurs de Nomade sont les mêmes qui ont créé les Jeudis Gestifs au Tam Tam Café de Québec, histoire de permettre à certains artistes de travailler à leur présence sur scène. On devrait voir et entendre quelques artistes de la nouvelle compagnie de disques au cours des prochains mois. Pour l'instant, Marylène et les heureux perdus, William Sévigny et Steve de St-Bruno sont officiellement au sein de l'écurie pour leurs projets respectifs. «Nous sommes à Québec où il y a en ce moment un bel incubateur d'artistes, mais nous allons prendre des artistes de partout, peu importe le style. Nous visons des gens qui veulent travailler en équipe et qui sont patients aussi. L'important, c'est qu'ils aient une vision de leur projet», fait savoir Jean-François Côté.
«Laboratoire»«Nous produirons des albums, mais nous serons davantage un laboratoire pour tout ce qui touche le développement des artistes. Nous leur offrons un local de répétition, un studio d'enregistrement, un accès au Web s'ils veulent travailler à leur site Internet, leurs affiches ou encore, des feuilles volantes promotionnelles. Nous voulions quelque chose de concret pour les artistes, sans nécessairement avoir la vision mercantile qui caractérise la plupart des autres entreprises», souligne de son côté Jean-François Côté, directeur technique pour les Disques Nomade. «De toute façon, je pense que la dernière année nous a démontré que la mise en marché traditionnelle de disques ne fonctionne plus. Les ventes ont diminué de près de 20% au Québec seulement. Le Web prouve quant à lui que c'est la musique qui parle d'abord et avant tout», ajoute Côté. «On est assis sur la vieille façon de faire et nous, nous cherchons une autre voie pour rejoindre le public. Le réseautage s'applique aussi sur Internet avec Facebook, My Space en plus des sites des groupes, sans oublier le bouche-à-oreille qui est devenu une façon efficace de faire de la promotion», reprend Blanchard pour qui la recette du succès demeure le travail, le travail et encore le travail. «On ne met pas une croix définitive sur le disque, mais il faut revoir complètement la façon de faire pour lancer un album sortir», poursuit-il. Les stratégies de mise en marché évoluent et il faut en tenir compte, laisse-t-il entendre. Par exemple, il se pourrait que certains majors se regroupent et ne forment qu'une seule et unique compagnie. |