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Pierre Lapointe - Maintenant plus à l'aise
Photo Le Journal - Yvan Tremblay
Pierre Lapointe

PIERRE LAPOINTE

Maintenant plus à l'aise

Sarah Pepin
Le Journal de Montréal
03-01-2009 | 04h00
Mutantès nous l’a offert distant, au sein d’une superproduction où le chanteur est également acteur, où l’artiste est loin, dans une tout autre dimension.

Sentiments humains nous le rendra comme nous l’avons connu dans La Forêt des mal-aimés, présent, bien là, enfin, mais avec en plus une confiance toute neuve.

«C’est vraiment récent, ce besoin de chanter, cette envie. Ça ne fait pas trois ans que j’ai du plaisir sur scène.» Joint au téléphone, Pierre Lapointe avoue maintenant adorer ce qu’il fait. Il n’est plus terrorisé à l’idée de mettre le pied sur les planches.

«Les gens vont voir sur scène quelqu’un qui est heureux d’être là.» Sentiments humains, ce sera donc un retour aux sources pour l’artiste.

«Ce sera beaucoup plus comme dans la vraie vie. Ce sera un show plus convivial où je vais retrouver un lien de communication avec le public.»

Car Pierre Lapointe est en manque. En manque du plaisir qu’il ressent, par exemple, lorsqu’il interrompt une chanson en plein milieu pour parler avec les spectateurs.

«Bien entendu, ce sera un show très léché et très travaillé, car faire des spectacles, c’est 80% de ma vie. Quand j’en fais, je veux qu’ils soient bien faits.»

LUMIÈRE ET CONCENTRATION

Dans ce spectacle, l’élément principal du décor sera l’éclairage, signé Martin Labrecque, celui-là même qui s’était chargé des effets lumineux de Mutantès.

Ce sera donc un show épuré, plutôt centré sur le contenu sonore. Cinq ans après la sortie de son premier album, le chanteur aura en effet beaucoup de contenu à présenter à ses fans.

Il entremêlera anciennes mélodies et nouvelles chansons chocs, promettant un spectacle court mais tout en intensité.

«J’aime les trucs assez rapides, je guide donc l’oeil et l’oreille des gens en ce sens. Je préfère les trucs qui ne s’étalent pas trop. Comme ça, si quelqu’un s’emmerde, il ne s’emmerde pas trop longtemps.»

Pour Sentiments humains, Pierre Lapointe sera accompagné par ses fidèles «mal-aimés» ainsi que par Tony Albino à la batterie et Joseph Marchand à la guitare, ces derniers ayant fait partie de Mutantès.

UNE SUITE LOGIQUE

Le titre en dit beaucoup et peu à la fois. Sentiments humains, sujet plutôt vaste.

«Je crois que c’est justement le but d’un titre de show!» Mystérieux, il l’est, ce Pierre Lapointe.

Il indique toutefois que d’avoir titré son nouveau spectacle de cette façon est le résultat logique de sa démarche. Depuis les tout premiers débuts de sa carrière, il souhaite exprimer des choses et survolter les gens, surtout.

«Je tourne toujours autour des mêmes thèmes. Je parle du sentiment d’exclusion, de quelqu’un qui se sent à part, qui voudrait faire partie de la masse mais qui n’y parvient pas.»

C’est donc «l’âme du souffrant» qui sera palpable dans ses nouvelles chansons et qui sera au coeur de ce nouveau spectacle, puisqu’il s’agit selon Pierre Lapointe d’un sentiment universel.

Ce qui est confirmé: La tournée Sentiments humains débutera le 18 avril à Joliette et se poursuivra ailleurs au Québec jusqu’au 10 juillet.

Court sursis pour Mutantès

Il devait n’y avoir que quatre représentations. Le public en a voulu plus, Pierre Lapointe a donc décidé de lui offrir une dernière chance de voir et de vivre Mutantès.

Il amènera même sa «bibitte», comme il l’appelle, à Québec pour deux soirs consécutifs en février. Mutantès avait été présenté à quatre reprises en août dernier dans le cadre des FrancoFolies.

Personne ne savait à quoi s’attendre. On a eu droit à une expérience multisensorielle, à du David Altmejd sur mesure, à un méga-spectacle coup-de-poing.

«J’avais besoin de faire ça, de faire de la musique comme du théâtre.» Pierre Lapointe était en effet presque acteur dans cette production «placée» du début jusqu’à la fin, fusionnant danse contemporaine, éclairages et étrangeté.

«Il n’y a aucune place à l’improvisation.» Ce n’est en effet pas le but de Mutantès, qui sera présenté pour la dernière fois à l’hiver, sans modification aucune, identique à ce qui a été vu l’été dernier.

«Après la dernière représentation en août, j’ai pensé beaucoup, je voulais tout changer! Après avoir tout viré de bord dans ma tête, je me suis rendu compte que ça ne serait plus le même show.»

PRISE DEUX

«J’aimais l’idée de l’éphémère. Au début, j’étais mal à l’aise avec l’idée de le refaire. Avec le recul, je me rends compte que cela marque un beau point final.»

Pierre Lapointe pourra en effet vivre son expérience scénique pleinement, ce qu’il n’a pas pu se permettre auparavant, la pression étant trop élevée.

Il devait être à la hauteur. «Ça a été une expérience à la fois souffrante et libératrice.»

L’artiste se réjouit aujourd’hui de ce qu’il considère comme un deuxième souffle donné à la production.

«Ce sera une tout autre énergie. Et je ne ferai pas ma Dominique Michel; après ça, ça va être vraiment fini!»

Et pas question d’immortaliser le show sur DVD. «Je ne crois pas que ça va être toujours intéressant sur DVD dans dix ans. Mais ça sera immortalisé dans la mémoire des gens.»

Le glas sonnera pour Mutantès le 28 février dans le cadre du Festival de Montréal en lumière.

«Mutantès était beaucoup plus un outil de travail qu’une finalité. Ça ne me fait pas de peine de le laisser mourir.»

Mutantès, les 12 et 13 février au Grand Théâtre de Québec et les 27 et 28 février à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts.

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