Accueil Divertissement
 
JDM
Daniel Desnoyers - La vie rêvée
© Photo ARCHIVES
In Da House 3, le plus récent disque de Daniel Desnoyers, est disponible depuis deux mois au Québec.

DANIEL DESNOYERS

La vie rêvée

Philippe Meilleur
14-12-2008 | 04h00
Quand un artiste prend tellement souvent l’avion que les douaniers de l’aéroport le saluent cordialement en contrôlant son passeport, on peut parler de succès international. C’est pourtant la routine depuis longtemps pour le DJ québécois Daniel Desnoyers, qui recevait dernièrement une plaque commémorative pour 1 million d’albums vendus durant sa carrière.

Certains auraient le goût d’employer l’expression stéréotypée «la vie rêvée» en lisant cette histoire, et ils auraient bien raison d’employer l’adjectif.

Daniel Desnoyers se produit dans 120 boîtes de nuit par année. Des villes réputées pour leurs clubs branchés comme Ibiza, Amsterdam, Londres et Paris sont ses terrains de jeu. Il s’envole vers l’une ou l’autre de ces destinations pratiquement toutes les semaines pour s’y produire devant des foules qui attendent souvent son arrivée depuis des semaines. Quand il doit remplir un contrat dans un pays dont il ne maîtrise pas les goûts musicaux des habitants, il passe un coup de fil à l’un de ses potes comme David Guetta, Tiësto ou Bob Sinclair pour leur demander conseil. Dans l’univers de la musique électro, «D-Noy» ne joue pas dans la cour des grands. Il en est un.

«Disons que je ne me plains pas beaucoup de ma situation, rigole le DJ quand on lui passe la remarque. J’ai toujours voulu faire ça dans la vie. Même quand j’avais douze-treize ans, je savais que c’était le bon métier pour moi. Cela dit, je n’aurais jamais cru me rendre là. C’est un métier très difficile.»

DIAMANT

Daniel Desnoyers sait de quoi il parle. Si toute l’industrie de la musique traverse actuellement une grave crise qui fait fondre les ventes de disques à l’échelle mondiale, le style électro en est particulièrement affecté. «C’est une musique qui ne s’adresse pas nécessairement à tout le monde, explique le DJ. Les gens qui écoutent du house en mangeant leurs toasts le matin sont assez rares.»

Desnoyers estime ainsi que ses ventes ont chuté de moitié au cours des cinq dernières années, à l’instar de celles de ses collègues. «Mais j’ai réussi à tirer mon épingle du jeu, ditil. Avant, je faisais des spectacles pour promouvoir mon nouveau disque. Désormais, je lance un album pour repartir sur la route. Je gagne ma vie grâce aux évènements live. C’est exactement l’inverse de la réalité à mes débuts.»

Ce retournement de situation ne fait que mettre en relief le disque diamant qui sera remis au DJ cette semaine pour souligner son million d’albums vendus.

«Honnêtement, je n’avais aucune idée que je m’approchais de ce chiffre, dit l’artiste. J’étais déjà content d’avoir eu deux disques d’or. Je ne me préoccupais pas des ventes totales avant que mon distributeur (DEP) ne me le signale. Je suis très heureux d’y être parvenu, surtout dans le contexte actuel.»

Malgré le succès, Desnoyers garde la tête froide. Il ne fête pour ainsi dire jamais quand il est à l’extérieur du pays. Pas le temps. Et il est sans cesse en train de bidouiller de nouvelles compositions sur son ordinateur, qu’il soit à Paris ou Montréal.

«J’ai travaillé très fort pour arriver où je suis, donc je reste concentré sur mon travail, ditil. Mais j’avoue que c’est une maudite belle job

  • In Da House 3, le plus récent disque de Daniel Desnoyers, est disponible depuis deux mois au Québec.
haut