CLAUD MICHAUDLes enfants de Félix LeclercClaudia Larochelle Le Journal de Montréal 04-12-2008 | 11h17
On doit vous le demander souvent... C'est une petite curiosité en passant... Pourquoi avoir retiré le «e» de «Claude»?C'est pour faire la différence avec le comédien Claude Michaud. À l'Union des artistes, c'est impossible d'être deux avec le même nom. En plus, ça fait jaser, les gens se souviennent de ça, c'est déjà ça. Comment Félix Leclerc est-il entré dans votre vie?Ça jouait toujours chez nous quand j'étais jeune. Je le chante depuis que j'ai 18 ans, comme je chante Brel, Barbara, Ferré et bien d'autres. Pourquoi ce grand homme reste-t-il un éternel?On a tous hérité de lui, on est tous ses enfants d'une certaine façon. Il a marché sur des chemins que personne n'avait empruntés jusque-là avec verve, brio et avec le panache qu'on lui connaît. Il a mis la barre très haut lorsqu'il a commencé et il est devenu un idéal pour un paquet de monde.
Vous êtes en train d'adapter en français les chansons de Leonard Cohen. Quels liens voyez-vous entre les deux hommes?Il y en a un au point de vue de la fascination pour la religion. Félix avait la foi, Cohen, c'est moins sûr, mais il a une quasi-obsession pour la religion et la spiritualité. La mort aussi est un thème exploité par les deux. Avez-vous des points communs avec Félix Leclerc?Je suis allé vers mes passions, comme lui. Vers l'aviation, l'informatique et la musique, ça a toujours fait partie de ma vie. Il y a 20 ans, Félix mourait; il y a 20 ans, vous faisiez quoi?J'avais 26 ans. J'étais à Toronto, je travaillais en informatique et je suivais des cours d'opéra au Royal Conservatory of Music. Je commençais mes études dites «sérieuses». Est-ce que ce grand homme aura un public demain. Les jeunes embarquent-ils?Ça manque à l'appel. Je suis en train d'essayer de voir comment je pourrais faire la tournée des cégeps avec mon contrebassiste. Il ne faut pas qu'un bonhomme comme ça soit oublié, ce serait comme oublier René Lévesque, Henri Bourassa... Quelle est selon vous la plus grande réussite de l'artiste?De s'être tenu débout, d'avoir fait briller, ressortir le peuple québécois auprès de toute la francophonie à une époque où les Québécois n'existaient pas, où on disait les Canadiens. Si vous le rencontriez, vous lui diriez quoi?Je le remercierais de m'avoir légué sa poésie, son oeuvre et, par-dessus tout, une fierté d'être Québécois, de chanter en français ici, en Amérique. Quelle est sa chanson qui pourrait avoir été créée pour vous?La Vie, l'amour, la mort. C'est une chanson philosophique, d'amour, de lucidité; pour moi, c'est important dans les textes que j'interprète.
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