NEIL YOUNGLe retour du cow-boy militantPhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 30-11-2008 | 14h00
Young, avouons-le, on a cru le perdre, il y a trois ans, quand il a été traité pour une rupture d’anévrisme. Visiblement, celui qui était à l’origine de la création de Buffalo Springfield dans les années 1960, puis qui fut un élément permutant au sein de Crosby, Stills, Nash & Young, était plus optimiste que ses fans. Quelque temps avant l’opération, qui a été un succès, Young, 63 ans depuis le 12 novembre, avait terminé les trois quarts des compositions de son album Prairie Wind, qui allait voir le jour à la fin de 2005. Bien mieux, ces compositions ont aussi fait l’objet d’un magnifique film-spectacle nommé Neil Young: Heart of Gold, réalisé par Jonathan Demme.
AU FRONTAu printemps 2006, Young, toujours en rogne contre les conflits armés en général et l’administration américaine de George W. Bush en particulier, met en marché Living with War, un brûlot qui contient un titre nommé Let’s Impeach the President. Le disque est l’un de ses plus acclamés depuis des années. Dans la foulée, le Canadien reprend du service cet été-là avec ses potes Crosby, Stills et Nash pour la tournée Freedom of Speech. Entre les tournées, il plonge dans ses archives, un projet qu’il soupèse depuis longtemps. En octobre 2006, il met en marché Live at the Fillmore East, un spectacle de 1970 avec Crazy Horse. En janvier 2007, il lance Live at Massey Hall 1971, tandis que le disque Chrome Dreams II sera lancé avant la fin de l’année. Une autre performance d’antan, gravée en 1968, doit voir le jour la semaine prochaine. Occupé, le Neil.
FOURNÉE DE CLASSIQUESDepuis l’automne, Young s’offre cette fois une tournée nommée Neil Young & His Electric Band, qui passe par le Centre Bell, lundi. Pour les fans qui aiment le Neil Young d’antan, ces retrouvailles ne vont pas être tristes.Plus de la moitié des titres que Young a proposés depuis le début de cette virée proviennent d’albums parus dans les années 1960 et 1970. Rien de moins que trois titres d Harvest Moon (Heart of Gold, Old Man, The Needle and the Damage Done), autant de Everybody Knows This is Nowhere (la chanson-titre, Cinnamon Girl, Cowgirl in the Sand) ainsi que Hey Hey, My My ont été jouées tous les soirs. Il ne faut jamais présumer des setlists, mais Neil a, semble-t-il, le goût de s’offrir un méchant retour vers le passé en marge de ses nouvelles compositions. Il en est ainsi des cowboys. Peu importe où leur cheval (Crazy Horse?) les mène, ils n’oublient jamais d’où ils viennent. |