PIERRE MARCHANDPour les enfants de la guerreMarie-Joëlle Parent Le Journal de Montréal 25-11-2008 | 04h00
Nos artistes emboîtent ainsi le pas des Paul McCartney, Bob Dylan et Beck, qui contribueront à la version anglaise (Heroes) de ce disque-bénéfice. La version anglophone sera lancée le 16 février en Angleterre. Au Québec, elle sera distribuée par Musicor, tout comme la version québécoise qui sera lancée mardi prochain. War Child existe depuis 9 ans. L’organisme a été fondé par Samantha Nutt, 39 ans, médecin de Toronto, humanitaire, activiste et mère d’un petit garçon de 3 ans. Depuis 7 ans, elle réussit à amasser 4M$ par année pour financer la construction d’écoles et de centres dans des zones où la guerre détruit le futur de milliers d’enfants comme en Sierra Leone, en Ouganda, en Géorgie, en Irak, en Afghanistan, au Soudan, au Darfour, en Éthiopie et au Congo. Elle a aidé plus de 100 000 enfants. War Child est surtout connu au Canada anglais et en Europe, mais Mme Nutt compte installer une antenne au Québec. Elle sera à Montréal pour le lancement du disque. Pierre Marchand, président de Musicor, a été approché pour ce disque il y a moins d’un an. «On m’a parlé du projet en Angleterre et j’ai bien aimé le concept des artistes qui choisissent un interprète contemporain pour chanter leur chanson», explique-t-il. Dans l’album anglais, Paul McCartney a par ailleurs choisi Duffy pour chanter Live and Let Die.
CÉLINE CHOISIT TÉREZ MONTCALMAu Québec, on a donc demandé à Marjo, Jean-Pierre Ferland, Plume Latraverse, Michel Rivard, Richard Desjardins, Céline Dion, Diane Dufresne, Claude Dubois et plusieurs autres de choisir un artiste et une chanson de leur répertoire qui n’a pas nécessairement rapport avec le thème des enfants, de la guerre ou de l’Afrique. Ça donne des résultats surprenants. Par exemple, Céline Dion a choisi Térez Montcalm pour interpréter On ne change pas, Claude Dubois a arrêté son choix sur Florence K. pour Le Labrador et Richard Desjardins voulait que Catherine Major chante Lucky Lucky. Tous les artistes ont embarqué sans hésiter dans le projet, qui s’est bouclé en un été. Sans lésiner sur la qualité, tout a été réalisé à rabais. Les studios ont offert de leur temps, Musicor a dû débourser seulement pour la manufacturation du disque. On prévoit amasser entre 200 000$ et 300 000$ avec cet album qui pourrait donner lieu à un concert dans le futur. Pierre Marchand s’est senti très interpellé par le mandat de War Child. «Les statistiques sont catastrophiques. Quand tu as un enfant, tu ne peux pas imaginer que 25% des enfants ne se rendront pas jusqu’à l’âge de 5 ans et que des enfants de 10 ans brandissent des fusils», dit-il. Si le disque a du succès, Pierre Marchand aimerait répéter l’expérience en France avec Francis Cabrel, Patrick Bruel et plusieurs autres.
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