AMADOU ET MARIAM | WELCOME TO MALIFiers de leur patriePhilippe Renault 16-11-2008 | 04h00
Après sept albums, Amadou et Mariam sont toujours aussi près de leurs racines maliennes, comme en fait foi le titre de leur dernier disque, Welcome to Mali. Là où ils poursuivent leur exploration, c’est au point de vue musical. Une fois de plus, ils n’hésitent pas à emprunter de nouveaux sentiers. Pour eux, il s’agit d’une question d’ouverture d’esprit. «Welcome to Mali est l’occasion de parler de notre pays, mais aussi de faire de la musique. Dans notre pays, la musique est importante et il y a aussi beaucoup d’ethnies. Cela fait en sorte que les gens sont vachement ouverts», résume Amadou au bout du fil. Une fois de plus, le célèbre couple aveugle a pu compter sur de solides collaborations afin de visiter ces nouvelles avenues musicales, dont Matthieu Chedid, Keziah Jones, Tiken Jah Fakoly, le rappeur canadien d’origine somalienne K’Naan et Juan Rozoff. Ils osent même toucher à la musique électro, avec l’extrait Sabali, né de la collaboration du réalisateur Damon Albarn. «Ça, c’est la première fois. Nous avons bien aimé ce morceau lorsque nous l’avons écouté. Nous avons fait un métissage musical dans le souci d’arriver à quelque chose de nouveau», explique le chanteur et guitariste. D’autres titres contiennent des sections de clavier et de cuivres (Compagnon de la vie), ou encore de cordes (I Follow You).
PAS DE LIMITESJusqu’où ceux qui ont vendu plus de 500000 exemplaires de leur disque précédent, Dimanche à Bamako, peuvent-ils aller sans avoir l’impression de renier leurs racines? N’importe où! «Généralement, quand ça nous plaît, on peut le faire. Cela n’empêche pas que nous restions nous-mêmes. Nous travaillons toujours à la construction et à la création, et ça reste du Amadou et Mariam», indique Amadou. Le duo tire effectivement une grande fierté de ses origines, même s’il a maintenant un pied-à-terre à Paris. La chanson Africa, dans laquelle les musiciens affirment qu’il a fait bon vivre sur ce continent, le démontre bien. «Il se dégage une joie en Afrique. C’est vrai qu’il y a bien des problèmes, mais on apprend à vivre avec. La vie est ainsi faite et on ne peut pas la changer», philosophe Amadou. Il ne faut pas non plus penser que Ce n’est pas bon fait allusion au régime politique malien. Dans cette chanson, le duo déplore les systèmes politiques abusifs. «Nous disons aux politiciens de faire attention. Et s’ils promettent des choses au peuple, ils doivent les respecter. Ce message s’adresse aux mauvais gouvernements. Présentement au Mali, nous en avons un bon. C’est lui qui a amené la démocratie», explique Amadou.
À MONTRÉALGrands voyageurs, Amadou et Mariam ne ratent habituellement pas une occasion de venir se produire au Québec. Les Montréalais ont d’ailleurs pu les voir à l’oeuvre lors des dernières Franco- Folies. Avec la sortie d’un nouveau disque, nous pouvons certainement nous attendre à une autre visite dans la métropole. «C’est dans notre intention. On se plaît beaucoup à Montréal. On devrait donc venir l’an prochain», dit Amadou.
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