DAVID BYRNELe roi du renouveauPhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 31-10-2008 | 11h18
Hier, au Métropolis, pour son retour après quatre ans d'absence, l'ex-leader des Talking Heads a fait comme Bloc Party il y a quelques mois, présentant les chansons de son nouveau disque mis en ligne (Everything That Happens Will Happen Today), mais qui ne sera disponible en magasin que le 25 novembre. Peu d'artistes de 56 ans font ça, disons... Agent GladTenue vestimentaire? Blanc immaculé pour lui, ses musiciens et ses choristes (ça, on l'avait vu avec Bryan Adams et Georges Moustaki). Entrée sur scène? Sans aucune musique, mais en expliquant et présentant son projet à la foule, avec traduction en français impeccable de l'une de ses choristes, s'il vous plaît. Spectacle? Justement, un spectacle, dans le sens global du terme, qui allait au-delà de la musique, et qui avait un aspect théâtral. Les trois choristes étaient accompagnés de trois danseurs et tout ce beau monde se payait des chorégraphies inspirées sur scène, tournoyant autour de Bryne, ou partageant des séquences de pas avec lui. House in Motion, de Remain in Light, était si formidable d'exécution que Byrne et ses collègues ont eu droit à une ovation de deux minutes. ClassiquesMusique? Les classiques des Heads, bien sûr, ont provoqué les réactions les plus vives. Crosseyed & Painless était trépidante, mais Life During Wartime et Once in a Lifetime, étoffées d’arrangements plus contemporains et électro, ont mis le feu. On ne pensait pas qu’un danseur pouvait sauter par-dessus Byrne, lui qui mesure plus de six pieds. Les nouveautés? Des titres comme One Fine Day, qui ressemble à du gospel teinté d’électro, My Big Nurse, de facture country, et The River, offerte alors que Byrne et ses danseurs interprétaient la chanson en tournant lentement sur des chaises de bureau à roulettes, ont démontré que l’artiste avait encore de l’inspiration et était plein d’espoir. À preuve, cette phrase-clé: «Un jour, quelque chose changera et ce jour est à moins d’une semaine.»
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