EVA AVILALe luxe du tempsPhilippe Rezzonico Journal de Montréal 25-10-2008 | 04h00
Dans la suite chic d’un hôtel du centre-ville, Eva Avila est exactement à l’image que se sont faite les téléspectateurs de la jeune femme. Souriante et cordiale, elle est même attentionnée au point de servir elle-même le café au journaliste. La grosse tête, ce n’est pas son genre… Beaucoup auraient pourtant perdu les pédales. Gagnante à 19 ans de l’édition 2006 de Canadian Idol, Avila a lancé son premier album, Somewhere Else, en novembre 2006. Avec Meant to Fly (No 1), I Owe It All to You (No 9) et Fallin’ for You (No 15) qui ont atteint le top 20 radiophonique, Somewhere Else a obtenu une certification or et avoisine aujourd’hui la certification platine de 80 000 exemplaires vendus au pays. Mardi prochain, la Québécoise née d’une mère francophone et d’un père péruvien lancera Give Me the Music, son deuxième compact, dans lequel elle estime que son univers est raffiné et mieux défini. «Ça fait un an et demi qu’on travaille dessus. Il y a de la continuité, mais j’ai beaucoup appris en tant qu’auteure et dans toutes les facettes de la réalisation. L’album a été enregistré entre Toronto et Los Angeles, et pour chaque étape, j’ai suivi le processus de création. Je l’ai vécu sous mes yeux et j’y allais de mes suggestions. Je vois plus ce disque-là comme étant mon petit bébé que le premier.»
MULTIPLES FACETTESMaintenant âgée de 21 ans, Eva Avila voulait que Give Me the Music soit représentatif de ses multiples facettes. «Le but, c’était de trouver mon son. Il y a des influences soul, Motown, hip-hop et électro. C’est normal, j’écoute Amy, Rihanna et Alicia Keys. Les sujets sont plus approfondis, plus matures et reflètent un autre côté de ma personnalité.» Lucide, Eva Avila sait que ce nouvel album sera sa véritable carte de visite internationale. Les gens de son entourage le savent aussi. C’est pour cela qu’un réalisateur comme Matt Wallace (Maroon 5, Chantal Kreviazuk) a été enrôlé. «Oui, les États-Unis sont dans nos plans, assure la jeune femme, mais il faut y aller par étapes et commencer là où je suis connue.» Trilingue, Avila sait que l’envie de faire des chansons dans une autre langue que l’anglais se fera forte sous peu. «C’est sûr que je vais faire des chansons en français, et je vais les faire avant d’en faire en espagnol. Mais je ne voulais pas qu’en faire une ou deux pour ce disque. Même Céline Dion ne fait pas d’albums bilingues… «Par contre, le volet international me tente. Dans cinq ans, j’espère être aux Grammys, faire du cinéma et du théâtre. J’adore ça. Mais j’espère garder les pieds sur terre et être bien entourée de ma famille. Je me découvre en tant que jeune femme et artiste, mais je veux conserver de bonnes valeurs.»
Suivre la petite voixCanadian Idol a rendu Eva Avila fort populaire, mais elle note que la perception est quelque peu différente entre le Québec et le reste du pays.«Au Canada, quand je croise quelqu’un dans la rue, j’entends: Hey! You’re the Canadian Idol girl? Au Québec, c’est: Es-tu Eva Avila? (rires) Ça a l’air qu’on retient plus mon nom au Québec.» L’ironie dans toute cette histoire, c’est qu’Eva Avila ne voulait rien savoir de Canadian Idol au départ. «Avant, j’étais anti-téléréalité, dit-elle. J’avais l’impression que tous les concours du genre étaient soutenus par des grosses machines qui ne voulaient que des cotes d’écoute.» Et pourtant, le jour des auditions de Canadian Idol, Eva Avila a plongé. «Les auditions étaient à dix minutes de Hull. Il y avait une petite voix qui me disait: Vas-y! C’est comme si je n’avais rien à perdre et j’y suis allée. Pour le fun. J’ai été bien accueillie et j’ai vu que c’était un concours hyper-bien organisé. «Sauf que ça faisait des années que je chantais pour mon plaisir et que j’avais confiance en ma voix. Je sentais ça dans mes tripes. Mais si tu n’es pas prête à être catapultée dans cette industrie, ça demeure un casse-gueule.» |