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Mélanie Renaud - Dans la cour de Beyoncé
© Archives Le Joutrnal/Isabelle Clément
Mélanie Renaud

MÉLANIE RENAUD

Dans la cour de Beyoncé

Philippe Meilleur
19-10-2008 | 14h00

C’est ce qu’on appelle un virage à 180 degrés.

Après s’être fait connaître avec des interprétations pop très axées sur la voix, Mélanie Renaud explore le hip-hop à l’américaine dans son troisième album, Feux d’artifice.

Il y a trois ans, la chanteuse originaire d’Haïti présentait son deuxième album de chansons pop formatées pour les radios à large diffusion.

Sur la pochette de ce disque éponyme, le visage souriant et tout simple de l’interprète était sobrement photographié sur fond noir.

Pas de fla-flas ni d’artifice, Renaud s’y présentait comme une jeune femme à la limite de la timidité.

Quand on jette un coup d’oeil à la jaquette de son nouvel album, on comprend que la Mélanie Renaud que l’on connaissait s’est métamorphosée.

Grandes boucles d’oreilles dorées, épais maquillage, attitude vaguement mauvaise fille: voilà une image qu’ont l’habitude de projeter les vedettes hip-hop des États-Unis. Davantage, en tout cas, que les chanteuses pop du Québec.

«J’étais prête à assumer ce que j’écoute moi-même à la maison, justifie Mélanie Renaud dans un entretien téléphonique.

J’ai 27 ans, j’aime la fête et la musique hip-hop. Mon nouveau disque devait représenter ça.»

DIFFÉRENT

L’écoute de Feux d’artifice confirme la première impression.

Beyoncé et Alicia Keys sont désormais les muses de celle qui pleurait autrefois ses peines d’amour dans la langoureuse ballade J’m’en veux.

Lancé au printemps dernier (!), le premier extrait du disque, Hors-la-loi, est d’ailleurs décrit par l’artiste comme un croisement entre le son de Madonna et celui du duo Sean Paul/Beyoncé.

«Il y a un petit côté digital dans leur musique qui m’attire beaucoup, explique la chanteuse. Pour les ballades, je me suis inspirée de Christina Aguilera, dont la voix est superbe. Et Alicia Keys a eu une influence majeure sur les titres mid-tempo.»

Voilà des noms qui sonneront très peu familier aux oreilles de ceux qui ont acheté les deux premiers disques de la chanteuse, non?

«C’est certain que ça s’adresse à un public un peu plus jeune, les 18-35 ans, dit Mélanie Renaud. Mais c’est la musique de ma génération et je l’assume. L’important, c’est que les gens comprennent pourquoi je suis rendue là.»

POUR HAÏTI

Malgré le côté très glamour et américain de son nouveau disque, Renaud dit être toujours très connectée avec ses racines haïtiennes. Il y a deux ans, elle est allée visiter ses frères et soeurs, qui habitent toujours ce petit pays des Caraïbes.

«Ç’a été une visite marquante pour moi, je ne m’attendais pas à voir cette réalité-là, se souvient la chanteuse. J’ai vu le côté sombre du pays et j’ai décidé que j’allais essayer de faire quelque chose pour aider.»

Deux ou trois coups de téléphone plus tard, et avec l’aide de son gérant, une entente avec Oxfam-Québec était conclue. L’artiste signe d’ailleurs un mot d’encouragement destiné à l’organisme à l’intérieur de la pochette de l’album.

«Comme j’ai écrit une partie du disque quand j’étais là-bas, ça allait de soi», conclut l’artiste.

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