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Michel Fugain - Toujours bien en vie
Courtoisie
Michel Fugain sera de retour au Québec à la fin du mois d’octobre pour une série de supplémentaires

MICHEL FUGAIN

Toujours bien en vie

Marc-André Boivin
16-10-2008 | 12h08
S’il admet que l’album Bravo et merci! et le travail qu’il effectue depuis quelques années déjà afin d’adapter la pièce Chantecler d’Edmond Rostand en comédie musicale ont contribué à lui sauver la vie, on peut dire que la tournée semble donner des ailes au vieux routier qu’est Michel Fugain.

C’est qu’il a la pêche le monsieur. Rejoint à son domicile en Corse où un soleil radieux plombait, le chanteur s’informe du temps qu’il fait à Québec et, d’entrée de jeu, il se renseigne sur les résultats des récentes élections fédérales. On sent la déception dans sa voix lorsqu’on lui dit que les Conservateurs ont été reportés au pouvoir de façon minoritaire. «Il est assez Bushiste votre premier ministre non? Il ne reste qu’un mois à Bush et après ce sera terminé. Chez nous, on sent bien Obama, mais c’est vrai qu’il y a un pourcentage de cons qui pourraient réélire les Républicains», lance-t-il.

Puis il s’en prend aux salopards et aux vautours qui ne pensent qu’à s’en mettre plein les poches et qui, aujourd’hui, ont merdé foutant, du coup, le bordel sur la planète. Autant parler musique. Car c’est effectivement de musique dont il est question ici. Le sympathique chanteur sera de retour au Québec pour une quatrième fois cette année, une deuxième avec le spectacle Bravo et merci! qu’il était venu nous présenter en mars, lui qui a également participé aux Francofolies à Montréal et qui était aussi du spectacle Paris-Québec qui s’est tenu l’été dernier sur les Plaines d’Abraham.

«Nous nous refaisons un tour de la Belle Province avec un plaisir que vous ne pouvez imaginer. Ce qui me fait chaud au cœur, c’est de retrouver un peuple, des gens, une culture, une façon de penser et de se comporter que je connais bien. J’aime bien partager avec les Québécois comme avec les Wallons d’ailleurs. Je crois que les deux peuples se ressemblent grandement. Vous êtes des gens normaux et chez vous, les rapports sont normaux. Vous tutoyez très rapidement. Ce n’est pas comme ici, en France, où nous sommes toujours bien ancrés dans le 19e siècle. On se dit vous, gros comme le bras et tout est faux», affirme M. Fugain.

La tournée québécoise de ce dernier débutera le 24 octobre prochain à St-Hyacinthe et s’arrêtera notamment à la Salle Albert-Rousseau de Québec le 28. C’est à Montréal que le chanteur fêtera l’halloween, lui qui doit de plus présenter des spectacles à Val-d’Or et à Rouyn-Noranda au début du mois de novembre.

Hymne à la vie

Mélange de nouvelles pièces, de ses classiques et de pièces que les Québécois n’ont pas eu souvent la chance d’entendre, faute de distributeurs honnêtes, c’est en quelque sorte un hymne à la vie que propose Michel Fugain avec ce spectacle qu’il présente depuis maintenant un an.

«Quand nous l’avons monté, j’étais bandé comme St-Éloi qui n’est pas mort. Et c’est un état qui ne m’a pas quitté. Je suis toujours en pleine érection, c’est le bonheur total», ajoute-t-il en riant. Pas moins d’une quarantaine de chansons seront interprétées pour les supplémentaires québécoises et, si on se fie au principal intéressé, le public n’a pas le temps de s’ennuyer.

«Les gens écoutent et à un certain moment, ils ne savent même plus de quelle époque les pièces sont tirées. Puis, ils se calent dans leur fauteuil et ils se disent que je peux bien faire ce que je veux. Eux, ils s’en foutent éperdument. Les gens écoutent maintenant mes chansons par rapport aux sens de celles-ci et non plus en raison du fait qu’ils les connaissent. Et ils ne voient pas le temps passé. Je suis content d’avoir trouvé cette formule-là», confie-t-il avant de reprendre.

«Ce spectacle est exaltant. Ce n’est pas un tour de chant ou un récital. Il n’y pas deux soirées pareilles, mais disons que c’est plutôt un spectacle où je parle avec le public, où je raconte. J’enfile cinq chansons et puis je m’arrête afin de raconter d’autres choses, selon l’humeur de la soirée. Je suis toujours de bonne humeur, je ne monte pas sur la scène pour me faire chier. Le but est de s’amuser pendant plus de deux heures», soutient-il en admettant qu’il s’agit encore, après toutes ces années, d’un privilège pour lui de monter sur scène avec les six musiciens qui l’accompagnent et devant un public parmi lequel on ne compte pas seulement des têtes blanches.

Il faut dire que la mort de sa fille Laurette, on le comprend, a grandement affecté M. Fugain. C’est d’ailleurs à elle que le disque est dédié. «Je suis mort avec ma fille de 22 ans. Elle est partie beaucoup trop tôt, la nature s’est gourée. Je suis mort pendant trois ans et demi puis, j’ai écrit cette lettre à mes confrères et mes consœurs afin qu’ils m’offrent des textes et j’ai reçu celui de Françoise Hardy en premier. Le disque a ainsi contribué en partie à me sauver la vie, car c’est surtout le projet musical Chantecler d’Edmond Rostand, sur lequel je travaille depuis plus deux ans et qui devrait voir le jour en 2010 qui m’a sauvé», souligne M. Fugain.

«J’ai pris la décision que j’étais un homme en liberté et c’est ce qui a été le plus fort. Je sais chanter, je sais bouger mon cul et je suis capable de divertir. C’est tout ça un spectacle. Ce n’est pas un truc monolithique», conclut-il.

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