SHERAZADE, LES MILLE ET UNE NUITSFaire voyager les spectateursAgnès Gaudet 12-10-2008 | 12h00
Dans quelques jours, l’album du spectacle musical Sherazade, les mille et une nuits, de Félix Gray, sera lancé, cinq mois avant le début des représentations à Montréal. Guy St-Onge, grand designer musical de l’album, a taillé sur mesure des arrangements orientaux pour ses interprètes. Tous les arrangements de Sherazade ont été confiés à un gars de chez nous, le chef d’orchestre Guy St-Onge, qui est de l’aventure depuis le début, soit tout de suite après la triomphale tournée de Don Juan. Le défi est de taille. St-Onge a pour Sherazade travaillé avec trente musiciens qui ont tour à tour enregistré leur partition dans ses studios personnels de Saint-Calixte, le complexe Référence. Tout au long du processus de création, Guy St-Onge visualisait les pièces de Sherazade, entendait des notes venues du Moyen- Orient, imaginait la musique pour faire voyager les spectateurs. Le défi pour lui était «d’orientaliser» les mélodies de Félix Gray et d’orchestrer tout ça. «Les gammes orientales ne sont pas comme les nôtres, doré- mi-fa-sol, explique St-Onge. Je suis un énorme consommateur de musique. J’ai dû replonger dans l’oeuvre classique de Sherazade par curiosité, puis habiller les chansons avec l’essence orientale, comme un couturier, de façon à convenir à la personne qui la porte. J’ai imaginé ces chansons-là au Maroc et en Égypte et j’ai plongé dans un univers féerique.»
PAS UN PURISTEGuy St-Onge se défend bien d’être un puriste qui se limite aux uniques instruments orientaux. Aux violons arabes, au darbouka (sorte de tambour) et à l’oud (sorte de luth), il a ajouté du sitar indien et du crotale chinois pour créer le son de Sherazade. Lui-même qui joue de plusieurs instruments a parfois interprété les lignes musicales, tantôt il a fait appel à des spécialistes. Se sont ensuite greffées aux trames musicales les voix des interprètes de Sherazade, celles notamment de Philippe Berghella qui joue le rôle du sultan et de Rita Tabbakh (Sherazade). «Ces voix-là, je les ai entendues dès les premières auditions, rappelle Guy St-Onge, qui lors de notre entretien, épuisé par trop de travail, avait pratiquement perdu… la voix. J’ai découvert de très grands talents. Je suis toujours émerveillé par le talent qu’il y a au Québec. Des gens qui ne sont pas que des voix, mais qui ont des oreilles, des musiciens à qui on demande la tierce en bas et qui s’exécutent.»
FORMULE GAGNANTEPour donner aux gens l’envie d’aller voir Sherazade mille et une nuits, la production lance les chansons du spectacle des mois à l’avance, comme elle l’avait fait pour Don Juan. On ne change pas une formule gagnante. Il y a quelques semaines, Ce qui ne nous tue pas, le premier extrait, a fait son entrée sur les ondes radio. Dès cette semaine, le second extrait Quand on attend l’amour sera lancé en même temps que l’album et un autre extrait pourrait voir le jour durant la période des fêtes. «Il faut que les gens connaissent les grandes chansons du spectacle, qu’ils voient quelle est l’ambiance musicalement», indique Guy St-Onge qui s’en promet aussi pour les musiques d’enchaînement qu’il créera pour le spectacle sur la scène de l’Olympia, «une belle salle avec un son surround», dit-il. «Ce sera féerique. Ça va nous transporter et la musique sera vraiment authentique. Si on entend du baladi, ce sera musicalement vraiment du baladi. On ne sera pas gêné de ça.»
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