DANY BÉDARDu rock et du blues comme jamaisPhilippe Meilleur Le Journal de Montréal 07-10-2008 | 10h24
C'est ce qu'on appelle un trajet rempli de détours. À la suite du succès de La Chicane puis de ses deux premiers disques solos (Fruit de ma récente nuit blanche en 2002 et Écoute-moi donc en 2004), l'homme, qui est reconnu pour sa maîtrise de la guitare acoustique, a soudainement pris du recul face à sa musique. Comme s'il ressentait le besoin de confirmer au public une nouvelle identité que l'on soupçonnait déjà, Bédar s'est lancé dans des avenues beaucoup plus pesantes qu'avant. Il y a un an, cette passion pour les guitares lourdes au son distorsionné s'affirmait pendant la tournée Rock'n Blues, qui allait bientôt être suivie de la création du groupe La Brassée avec des amis abitibiens. Un changement de cap nécessaire pour l'artiste? Si on veut. «Les choses sont arrivées par elles-mêmes, nous a expliqué le chanteur hier quelques minutes avant de grimper sur la scène du Club Soda. J'ai pris un certain recul avec les médias parce que j'avais besoin de retourner jouer dans les bars, de ranger des fils d'amplificateur à trois heures du matin. Ça m'a redonné le goût de la musique.» Plus rockOn ne s'étonne donc pas de savoir qu'avec III, nouveau disque lancé hier, l'artiste s'aventure dans le rock et le blues comme jamais il ne l'avait fait auparavant. D'ailleurs, une grande banderole à l'effigie d'une marque de motocyclettes bad boy ornait le côté jardin de la scène hier soir, telle une parfaite illustration du côté plus cru qu'essaie maintenant d'explorer le chanteur. «J'ai évolué en tant qu'artiste et je n'avais pas envie de me mettre des barrières, autant dans la musique que dans les textes, dit Bédar en nous fixant droit dans les yeux, une cigarette allumée au bout des doigts. Cet album, je l'ai fait en pensant à moi, à ce que ma vie est devenue. Je veux montrer aux gens qui je suis maintenant. Ça fait du bien.» Une toute nouvelle étape, qu'on vous disait. |