ZÉBULONComme dans le bon vieux tempsPhilippe Rezzonico Journal de Montréal 28-09-2008 | 04h00
Bon… Ce n’était pas si excitant que ça, mais il y avait quelque chose de rassembleur et de juvénile de voir les quatre membres originaux de Zébulon s’offrir un match impromptu de hockey bottine, lundi dernier, dans la rue Bleury transformée en patinoire d’asphalte, dans le cadre de la journée En ville sans ma voiture. «C’est l’fun. Ça me rappelle qu’on jouait comme ça au début du band», nous lance Marc Déry, alors que l’on retraite vers un café pour l’entrevue. Attablés autour d’une boisson chaude, les deux Déry, Quirion et Marchand ont, somme toute, moins changé que le journaliste qui les interviewait en janvier 1993, quelques jours avant leur triomphe au défunt concours L’Empire des futures stars qui allait lancer leur carrière. Après des débuts fulgurants et la parution des albums Zébulon et L’Oeil du Zig, les musiciens prennent des avenues différentes en 1997. Onze ans après, on les retrouvait l’été dernier aux FrancoFolies, résultante d’une proposition d’un ancien booker de spectacles et de quelques soirées de jams collectifs où il était interdit de jouer les anciennes chansons.
LE DÉCLIC«On avait un plaisir fou à jammer ensemble sur de nouvelles tounes pas finies, mais on n’avait pas encore pris la décision de reformer notre groupe, note Marc Déry, même si le bruit commençait à courir qu’on rejouait ensemble.» Puis, comme Alain Quirion jouait avec les Porn Flakes dans la ville natale d’Yves Marchand (Saint-Bruno-de- Guigues), quelqu’un a proposé de faire des retrouvailles-surprises dans le cadre du show des Porn Flakes. «C’était en décembre 2007, dix ans jour pour jour après le dernier spectacle du groupe», note Marchand. «Là, il fallait jouer des anciennes tounes, note Déry. On a été répéter dans le garage chez Yves et c’est là qu’on a vu que tout était intact.» «C’était accessible, juste là», renchérit Quirion avec un geste de la main. Les retrouvailles furent évidemment un succès. Les gars se sont mis à composer de nouvelles chansons et le retour était chose faite, sans trop se préoccuper de savoir si quelqu’un allait désirer Zébulon. «Pendant qu’on composait, Marc faisait entendre les nouvelles chansons à Michel Bélanger (le président d’Audiogram), note Quirion. Et il les aimait bien. Audiogram était prêt à nous soutenir. C’est pas comme un nouveau band qui cherche preneur. C’était presque trop facile. C’était trop tentant de ne pas revenir.»
Pour le plaisir de la scèneUne compilation de 11 titres du passé augmentée de quatre nouvelles chansons: Zébulon revit sur disque avec Retour sur Mars, avec une seule idée en tête, retrouver le chemin des scènes.«Nos disques ne sont plus en magasin, note Déry. Ce qui était sur le marché a été écoulé et il n’y a pas eu de réimpression. La compilation était idéale avant de repartir en tournée.» Les nouveaux titres (Mars ou Vénus, Micro Sillon, La tête qui craque, Amadouer) s’avèrent très rock de facture. «La collaboration a été plus serrée qu’avant, note Marchand. C’est comme si chacun d’entre nous savait où est sa place. C’était pas si évident dans le temps.» Pour l’instant, les boys n’ont que la tournée à venir à l’agenda. Si un nouveau disque de matériel original n’est pas exclu, il n’est pas confirmé non plus. «On n’en est vraiment pas là pour l’instant, assure Déry. On a des spectacles prévus jusqu’au printemps prochain et on a bien hâte. On ne sait pas encore s’il va y avoir un nouvel album, ni même comment on va diffuser le matériel. Album physique? Chansons sur le Web? Tout est possible.»
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