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Bad Religion - En croisade contre l'obscurantisme républicain
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Bad Religion

BAD RELIGION

En croisade contre l'obscurantisme républicain

Philippe Meilleur
Le Journal de Montréal
26-09-2008 | 16h00

«J’aurais préféré recevoir un coup de pied dans les couilles!» Jay Bentley, bassiste du très engagé groupe punk-rock Bad Religion, garde un mauvais souvenir de la soirée du 2 novembre 2004. Ce soir-là, il foulait les planches du Métropolis, tandis que son ennemi George W. Bush se faisait réélire de l’autre côté de la frontière. Un mois avant la prochaine élection américaine, le scénario se répète.

Il y a quatre ans, Bad Religion s’était énormément impliqué dans la croisade anti-Bush lancée par la communauté punk-rock américaine. Son album The Empire Strikes First était partiellement dédié à la cause et dénonçait ce que le groupe considère comme les «années les plus noires de l’Amérique».

On connaît la suite. Pendant que Greg Graffin chantait Let Them Eat War au Métropolis, George W. Bush obtenait de ses citoyens son second mandat de quatre années.

«La seule bonne chose avec cette réélection, c’est que les gens savent maintenant à quels résultats s’attendre quand ils confient le pouvoir à ce genre de personne», analyse aujourd’hui Jay Bentley.

QUATRE ANS PLUS TARD...

Bien que Bad Religion revienne à Montréal un mois seulement avant le grand soir où sera décidé qui d’Obama ou McCain dirigera désormais la Maison-Blanche, le groupe californien semble être passé à autre chose. Pas que les gars aient sombré dans le défaitisme ou qu’ils aient renié leurs convictions, mais leur récent album, New Maps of Hell, sortie en 2007, est vraiment moins politisé que son prédécesseur.

«Il traite davantage de la condition humaine en général et des idéaux politiques que nous partageons depuis vingt ans, décrit Jay Bentley. Nous avons essayé d’encourager les Américaines à éjecter Bush et Cheney du pouvoir, et ça n’a pas fonctionné. Nous avons senti que nous devions nous concentrer sur nos propres idéaux, cette fois.»

Musicalement, New Maps of Hell est, et de loin, l’album le plus lourd et dense de Bad Religion depuis des années. On le remarque notamment grâce à la batterie dans Germs of Perfection et Submission Complete.

«C’est vraiment grâce à Brooks Wackerman, batteur depuis 2001, ce nouveau son, explique Jay Bentley. Il est plus confiant aujourd’hui, il est au sommet de son art. Parfois, en studio, j’étais censé travailler sur mes pistes, mais je ne foutais rien parce que je le regardais jouer toute la journée.»

NE PAS DIVISER LE VOTE

Ne nous fions pas aux propos du disque: si la guerre contre Bush et ses politiques est bel et bien perdue, Bad Religion se promet de rester tout aussi engagé politiquement dans les prochaines années. On n’a d’ailleurs qu’à effleurer le sujet avec Jay Bentley pour qu’il se lance dans un vibrant plaidoyer en faveur du camp démocrate.

«Disons les choses simplement: un vote pour quelqu’un d’autre qu’Obama est un vote pour McCain, et McCain est une suite de Bush. J’aime les idées de certains troisièmes candidats, comme Ralph Nader, mais il ne faut diviser le vote sous aucun prétexte pour éviter quatre autres années républicaines.

«Les conservateurs sont au pouvoir chez vous aussi [NDLR: l’entrevue a eu lieu avant le déclenchement des élections] et ils ont une plate-forme qui se rapproche de celle des républicains ici. Ça montre que les valeurs politiques et sociales voyagent au-delà des frontières. L’élection du 2 novembre a donc une grande importance pour le monde entier. Et je suis sûr que les Canadiens non plus ne veulent pas d’un autre règne républicain.»

Bad Religion, au Métropolis le 26 septembre.

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