SYLVIE PAQUETTEEn parfaite harmoniePhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 18-09-2008 | 10h50
Faire corps à ce point avec sa musique, ce n'est pas donné à tout le monde. Cette performance de Paquette, intense au plan émotif et soudée en regard de l'instrumentation, recelait cette parcelle indéfinissable qui fait passer un spectacle à un niveau supérieur. Investie, la belle Sylvie? Pas à peu près. La vulnérabilité de certains de ses textes offrait un merveilleux contrepoids à l'offrande livrée avec confiance par Paquette et ses excellents musiciens. Les archets de la violoncelliste Sheila Hannigan et du contrebassiste Philippe Brault conféraient une richesse et une texture inouïes à des nouvelles chansons comme Tam-Tam et à d'anciens titres tels que Ma nuit. Si peu de choses était aussi sensible dans le ton que magnifique dans les arrangements de Brault. Si les chansons de Tam-Tam parlent d'amour sous toutes ses formes, Paquette avait rapatrié des titres des albums Souvenir de trois et Oser, qu'elle offrait dans une nouvelle mouture. RelecturesSur ce plan, le doublé formé de Garde-moi et Panne d'amour était rien de moins que redoutable. Panne d'amour -un funk, à l'origine -était plus déchirant ici dans cette forme dense et quelque peu abrasive. Avec ou sans son joli couvre-chef, Paquette faisait preuve d'un humour de bon ton, racontait des anecdotes de création (savoureuses) et a dû composer avec un capot de guitare défectueux. L'absence de batterie ne se faisait toutefois pas sans heurts. Si certains bidouillages rythmiques de Brault, notamment pour Les Valises, faisaient mouche, parfois, les claviers de Denis Faucher étaient trop space à notre goût. Modernité indéniable, certes, mais on se dit qu'une batterie convient mieux au répertoire organique de Paquette. Détail, finalement, dans ce récital qui nous aura été envoûtant. Allez vous en convaincre, samedi, lors de la représentation supplémentaire. |