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Metallica  - Le groupe-culte renaît de ses cendres
© Le Journal de Montréal
Robert Trujillo, James Hetfield, Lars Ulrich et Kirk Hammett de Metallica, photographiés en 2003, viennent de lancer leur nouvel album Death Magnetic.

METALLICA

Le groupe-culte renaît de ses cendres

Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal
12-09-2008 | 10h32
Cinq ans après le désastre de St. Anger, Death Magnetic, en magasin et en ligne aujourd'hui, voit Metallica renouer avec sa grandeur du passé et livrer son meilleur disque depuis les années 1980.

Pour le guitariste Kirk Hammett, une partie de l'explication du retour en grâce se veut la présence de Rick Rubin à la réalisation, un génial monsieur qui a produit des chefs-d'oeuvre avec des groupes ou artistes aussi dissemblables que les Beastie Boys (Licensed to Ill), Johnny Cash (American Recordings), les Red Hot Chili Peppers (Blood Sugar Sex Magik) et Shakira (Fijación Oral Vol. 1). Sa recette?

«Rick nous a demandé une forme d'abandon et, surtout, d'essayer de recréer l'osmose qui existait à l'époque de Master of Puppets. Selon lui, c'est à ce moment qu'on faisait notre meilleure musique. En rétrospective, durant les années 1990, on faisait exprès de ne pas recréer ce qu'on avait fait dans les années 1980.»

Si les fans ont salué les qualités de Death Magnetic - une fuite a rendu les chansons disponibles sur le Web il y a dix jours -, il est ironique de constater que cet album est né sur les cendres du honni St. Anger.

Né dans les cendres

«Une quantité impressionnante de musique a été composée lors de la dernière tournée, dans ce qu'on appelle notre tuning room. C'est une pièce dans laquelle on se réunit avant les spectacles. On peaufine des choses ou on essaie de nouveaux trucs, on lance des pistes, etc. Quand on a fini la tournée, on a réalisé qu'on avait 50 heures de musique mise en boîte. Là, on a commencé à en prendre des bouts, à jammer dessus et à styliser.»

Après la descente aux enfers documentée dans le film Some Kind of Monster, Death Magnetic a l'air d'une renaissance, d'une rédemption. Et il y a une forme de thérapie. Quand on entend: «Ce qui ne te tue pas te rend plus fort», dans Broken, Beat and Scarred, on se dit que l'histoire récente du band est résumée dans cette phrase.

«Ahhh..., grince Hammett. Comme c'est James (Hetfield) qui a écrit les textes, ça ne me tente pas de commenter trop cet aspect de la production. Cela dit, tu peux appliquer ça à la lettre en regard de ce que nous avons vécu par rapport à Some Kind of Monster et St. Anger. Oui, on peut dresser un parallèle. Écoute, il y a eu tellement de merde ces dernières années... et on en émerge plus fort. Rendu là, on peut dire que Death Magnetic est la résultante de toutes ces tribulations.»

En feu

St. Anger avait une particularité étonnante: aucun solo de guitare. Là, Hammett se venge avec une demi-douzaine d'envolées aussi supersoniques qu'enflammées.

«(Rires) Personne n'a entendu ce que je fais depuis des années, car il n'y avait pas de solos sur St. Anger. J'ai eu une période de créativité de six ou sept ans ou j'ai évolué. Pas mal de ces solos sont sortis de façon très spontanée.

«On savait à quel moment j'allais les faire dans chaque chanson, mais sans plus. C'est arrivé une fois ou deux que j'étais tellement déchaîné, que je me suis arrêté net, en regardant le manche et en disant: «Mais qu'est-ce que je viens de faire? (grand rire). Sur ce plan, j'ai probablement repoussé mes limites, mais c'était un sentiment généralisé pour nous tous.»

Un régal pour fans de métal

© Warner Bros

Guitare rythmique digne d'une hache, batterie percutante, solos hallucinants, tempos supersoniques, production bétonnée: Death Magnetic n'est rien de moins qu'une agression sonore tous azimuts pour le fan de métal.

Au terme de l’écoute des trois premiers titres (That Was Just Your Life, The End of the Line, Broke, Beat & Scarred), l’auditeur est complètement soufflé.

Toute l’essence, la fougue, la hargne, la férocité et la puissance de Metallica s’y retrouvent. Références à Kill’Em All, Master of Puppets, … And Justice for All.

Faites votre choix. Si James Hetfield a retrouvé le plaisir du speed picking, sa voix est de retour au poste. Dieu qu’il est en meilleure for me qu’en 2003, quand Metallica était passé au parc Jean-Drapeau.

Accro

Batteur de puissance, Lars Ulrich s’offre des coups de massue et des roulements pas possibles, secondé par la basse de Robert Trujillo, qui n’est pas si présente que ça au mix final.

Cela dit, c’est Kirk Hammett qui triomphe. Sur le trio d’ouverture, sur la démentielle All Nightmare Long, Cyanide ou durant My Apocalypse, on attend avec impatience ses solos. Les propos? Nous sommes tellement accros à la musique que les paroles de Hetfield – mort, rédemption, cauchemars, fatalité, finalité – nous passent un peu par-dessus la tête.

En définitive, hormis une Judas Kiss un peu convenue et une Unforgiven III dont on se serait passé, Death Magnetic remplit ses promesses et Metallica récupère son appellation générique de plein droit.

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