FESTIVAL INTERNATIONAL DE MUSIQUES MILITAIRES DE QUÉBECFélix Leclerc revisité par les CoréensOlivier Artis 17-08-2008 | 17h58
Les musiciens de Corée ont ouvert cet après-midi la porte aux médias lors de ses répétitions en vue de son concert. Les coulisses de la salle Louis-Frechette du Grand Théâtre avaient des airs de salle d’entraînement d’athlètes. Les 56 musiciens et danseurs fourmillaient dans tous les sens, les uns en tenue de représentation et les autres en survêtements de soccer à l’effigie de leur équipe nationale portés pour les grandes répétitions! Le régisseur de l’établissement tentait tant bien que mal de comprendre les requêtes des Coréens qui ne parlaient pas anglais ou très peu. Les conversations se limitaient surtout à des gestes. Il y avait bien une interprète, mais débordée par les événements et par les demandes diverses qui affluaient de partout, dont celles du major de la Musique. Sans jeux de mots, ça marche à la baguette et la hiérarchie est ici très marquée. Aucune information ne pouvait être obtenue sans l’accord de cet homme. Félix Leclerc Cette rigueur qui frappe au premier abord est sans doute le moyen d’obtenir une représentation parfaite. Lors de cette avant-première, les musiques traditionnelles étaient jouées à merveille. Le Petit bonheur, de Félix Leclerc étonnait avec les sonorités particulières qui émanaient d’instruments méconnus. Mais que vient faire le poète national ici? «La formation coréenne m’a demandé, en mars dernier, d’interpréter des pièces québécoises que les spectateurs pourraient reconnaître. Alors, j’ai pensé à Félix Leclerc, pour souligner le 20e anniversaire de son départ. Les musiciens ont effectué les arrangements avec leur propre instrumentation, c’est tout un défi puisque les instruments sont complètement différents», explique l’adjudant-chef Réjean Blais, coordonnateur artistique du FIMMQ. Instruments Des chansons de Jean-Pierre Ferland seront également jouées par l’ensemble, ainsi que le Ô Canada avec de gros tambours, appelés Yonggo, utilisés pendant les marches militaires. Ce tableau sera bonifié par la présence de danseuses munies d’éventails qui évolueront autour de l’orchestre. Les danseurs sont d’ailleurs surprenants réalisant des prestations s’approchant du break dance avec un chapeau pourvu d’un ruban de gymnastique artistique! Les styles de musiques et de danses semblent se mélanger avec des instruments rares, comme le janggu, un tambour fabriqué avec de la peau de chien, ou encore le daegeum qui s’apparente à une flûte en bambou. «J’ai appris à en jouer grâce à mon professeur qui transmet son savoir qui lui vient des générations précédentes. Le daegeum est plus populaire ces dernières années, il y a environ 500 personnes qui en jouent en Corée du Sud, c’est beaucoup. Il faut savoir que la musique est aussi de plus en plus accessible à l’école. Les instruments traditionnels sont faits par des artisans et ce sont des pièces uniques de grande valeur », a fait savoir le caporal de première classe Inbo Lee, de la Musique militaire du ministère de la Défense nationale de Corée du Sud. Il faut compter trois à quatre ans pour acquérir la base de l’apprentissage du daegeum. Les musiciens coréens de cet ensemble jouent habituellement sur des rythmes calmes pour la population aisée, et de manière plus intense et bruyante pour les couches plus populaires. La performance de ce soir est très difficile pour eux en ce qui a trait aux pièces québécoises qu’ils ont dû adapter, mais ce sont de grands professionnels. La Musique militaire du ministère de la Défense nationale de Corée du Sud sera en représentation, à 19h30, juste après celle de l’orchestre harmonique de Singapore Armed Forces Central Band, au Grand Théâtre de Québec.
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