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Rosemarie Landry, professeure  - Devenir chanteur d’opéra exige un entraînement olympien
© Caroline Ethier
Rosemarie Landry, responsable du secteur chant de la Faculté de musique de l’Université de Montréal.

ROSEMARIE LANDRY, PROFESSEURE

Devenir chanteur d’opéra exige un entraînement olympien

Caroline Ethier
12-08-2008 | 21h14
En pop comme en classique, les aspirants chanteurs rêvent de faire carrière sur les grandes scènes du monde. Mais vivre des flexions de son organe vocal relève parfois du miracle, du moins, d’un acharnement soutenu, surtout si on préfère Madame Butterfly à Rihanna.

Exit les nuits folles et les partys arrosés, il ne s’agit pas ici de marcher dans les pas de Pete Doherty, mais bien de revêtir l’habit de Pavarotti, ce qui est nettement plus astreignant.

Posséder LA voix

Les exigences sont donc nombreuses pour devenir chanteur d’opéra. Le chemin à parcourir est long et difficile et peut devenir un véritable chemin de croix. D’abord, faut-il posséder LA voix, être animé d’une passion infaillible, mais aussi être un bourreau de travail et avoir le feu sacré.

S’il veut percer, l’aspirant chanteur devra travailler six jours par semaine à perfectionner sa voix, à devenir un bon musicien, à réussir les cours théoriques, les cours de mise en scène et de comportement corporel et à maîtriser la diction lyrique de quatre ou cinq langues. Ouf!

«Il faut de huit à dix ans d’études intenses pour devenir chanteur d’opéra. On donne des bacs, des maîtrises et des doctorats en chant, mais quand on sort d’ici, on n’est absolument pas assuré d’un travail. On est dix ans à l’école de médecine, c’est sûr qu’on va gagner sa vie, mais l’étude du chant est tout aussi intense, on travaille autant», explique Rosemarie Landry, responsable du secteur chant de la Faculté de musique de l’Université de Montréal.

À lui seul, cet entraînement olympien est loin d’assurer une carrière de rossignol, car des qualités essentielles comme la musicalité, la sensibilité et l’instinct vocal sont innées, selon Mme Landry.

Coaching vocal

Si le rôle du professeur est de développer la voix et de voir à la santé vocale, celui du coach est de diriger la voix, une responsabilité énorme, fait valoir Rosemarie Landry: «C’est une responsabilité énorme de bien diriger. On est là pour aider le jeune à devenir chanteur. Est-ce qu’il pourra gagner sa vie à chanter? S’il n’a pas suffisamment de talent, s’il n’est pas fait pour être chanteur, c’est notre responsabilité de ne pas lui raconter d’histoire. Je trouve cette responsabilité parfois effrayante. Un étudiant peut se faire demander s’il a déjà pensé à un autre métier. C’est très difficile à faire et comme responsable de secteur, j’ai parfois cette responsabilité de rencontrer les étudiants pour leur demander s’il y a autre chose qui les intéresse.»

Comme la musique reflète la culture et l’âme d’un peuple, on ne chantera pas Puccini comme on chante Wagner. Là, entre en jeu le coach vocal qui donnera des pistes au chanteur. «Lorsque je fais du coaching vocal, je ne parle pas de technique, mais bien du style, de la diction et de l’approche vocale d’une pièce, car chaque compositeur a sa façon d’interpréter. Si on compare la musique italienne avec la musique allemande, ce sont deux mentalités différentes. Il y a plus d’élans instinctifs dans la musique italienne et plus d’élans étudiés dans la musique allemande », explique Rosemarie Landry.

Le coach vocal doit certes avoir une grande culture, mais aussi être au fait des modes qui se dessinent sur les grandes scènes du monde: «En ce moment, certains jeunes chefs d’orchestre préfèrent que le chant soit interprété d’une certaine façon, épurant certaines traditions vocales. On essaie de revenir à ce qui est écrit sur les partitions et non pas d’écouter les vieux enregistrements.»

Belle voix ou pas

La voix est cet instrument du corps qui reflète l’âme, qui indique qui on est, en plus d’avoir cette couleur très particulière à chacun.

On s’en doutait, une belle voix relève à la fois du talent et de l’effort. Mais certaines belles voix n’évoluent jamais parce que la paresse s’installe alors que d’autres, plus ordinaires, finissent par développer de grandes carrières à force de détermination.

Que la voix soit belle ou pas, juste ou non, que l’on chante comme un pinson ou comme une casserole, il faut chanter! D’abord, ça rend heureux et puis, comme l’indique Rosemarie Landry: «C’est bon pour la circulation sanguine, c’est bon pour les muscles et c’est bon pour l’âme! »

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