DANS LA CUISINE DE KEVIN PARENT«Moins de fils et plus de bière! »Caroline Ethier 27-07-2008 | 23h54
Dans une formule qui lui va à ravir, le chanteur gaspésien nous a reçus chez lui, dans sa cuisine, «juste pour le plaisir de jouer de la musique autour de la table. Mais en Gaspésie, il y a moins de fils et plus de bière!» Mis en scène par Philippe Laperrière, le spectacle donne lieu à l’une des plus belles formules acoustiques rencontrées où pieds de micro, amplificateurs et autres artifices de scène se font discrets, voire absents. Simplement habitée d’une table et de cinq chaises de bois, les accessoires sont coupes et bouteilles de vin. «Je me laisse aller dans ton concept, Philippe. Tu es responsable de nos erreurs!», lance le chanteur alors que ses musiciens remplissent chacun leur coupe de vin. Entouré de Jeff Smallwood (guitare), Pierre Duchesne (basse), Michel Roy (percussions) et de «la belle gaspésienne» Stéphanie Boulay, Kevin Parent revisite plusieurs succès de son répertoire, dont Nomade sédentaire, La jasette et Father on the go, mais aussi quelques titres de son dernier album, Fangless Wolf Facing Winter, soit les pièces River So Cold et Open House Blues. «Je voulais faire un album en français alors j’ai appelé des bons chums, Richard Desjardins, Jean-Pierre Ferland, Luc Plamondon, Francis Cabrel, pour leur donner la chance de travailler avec moi mais ils ont tous refusé. Alors j’ai dû faire un album en anglais!» D’humeur taquine, le chanteur gaspésien y est allé de quelques blagues à l’endroit de ses musiciens. «Ça lui prendrait un cinq gallon de Neet pour lui enlever le poil qu’il a sur les jambes!», en parlant du guitariste vêtu d’une jupe à carreaux. Pour la pièce La critique, Kevin Parent invite le public à unir sa voix à la sienne mais avec une certaine réserve. «Là, on n’enregistre pas ce soir. On apprécie quand les gens embarquent mais pas quand ils boitent en tapant des mains!». On nous a servi une reprise inspirée de la pièce Le petit roi de Jean-Pierre Ferland qui met en vedette la voix naturelle et authentique de Stéphanie Boulay, à laquelle la foule s’est ajoutée au refrain. Dans un jam bien senti, on s’est amusé à greffer des refrains inattendus à certaines pièces tels que Cœur de loup dans Maudite jalousie puis Staying Alive dans Open House Blues. Enfin, la superbe ambiance qui régnait au Club Soda donne envie de déménager dans la cuisine de Kevin Parent, entre le poêle et le réfrigérateur, peu importe, tant qu’il y a des amis et de la bonne musique! |