PLEIN CHANT, LES NOUVELLES SCÈNES FRANÇAISES DE L’OFQJJeanne Cherhal: prolifique et engagéeMarc-André Boivin 10-07-2008 | 19h36
Finaliste à Granby en 2001, édition remportée par son ami Pierre Lapointe, Jeanne Cherhal a depuis multiplié les apparitions au Québec, notamment aux Francofolies de Montréal et au Théâtre du Petit Champlain à Québec, en plus d’enchaîner les albums à un rythme qui en ferait rougir plusieurs. Tantôt pop, tantôt planant, souvent touchant, L’Eau, son troisième et dernier album lancé il y a un an et demi en France, est une sorte de bouffée d’air frais qui mélange les styles et qui défonce les barrières. «C’est un peu comme ça que je vois la musique. Ça me permet de sortir du quotidien tout en acceptant celui-ci. C’est ce qui est génial avec le format chanson qui est une forme d’art très accessible, très tangible et justement très quotidien. C’est comme ça que je m’exprime le mieux», affirme l’artiste dont le propos laisse rarement indifférent. On pense par exemple aux chansons La peau sur les os ou encore Le tissu pour ne nommer que celles-là. Besoin d’émotion «Pour écrire, j’ai besoin d’être émue, bouleversée. Ce sont des thèmes de société que j’aborde, mais en même temps, ce n’est pas prémédité. Ils viennent en écrivant et comme j’ai la chance d’avoir une tribune, aussi bien l’utiliser afin de m’exprimer sur différents sujets. Le tissu par exemple est le regard que nous portons, nous, en tant que femmes laïques et occidentales sur une femme qui porte le voile. C’est quelqu’un qui observe une femme qui se libère de son voile dans l’avion», souligne la chanteuse. Cette dernière avoue aussi qu’elle a besoin de calme pour enregistrer, alors, il n’était pas question de faire les sessions de studio à Paris. «Nous l’avons plutôt fait dans le sud de la France, isolés dans un endroit où on ne pouvait nous déranger. J’avais envie de la campagne, avec mes musiciens, en huis clos », explique celle que l’on retrouve évidemment au piano, mais aussi à la guitare sur ce disque particulier. Jeanne Cherhal a aussi été de la bataille qui a mené à la libération récente d’Ingrid Betancourt, qui est maintenant de retour en France après six ans de captivité, elle qui avait été enlevée par les FARC en Colombie. «J’étais très proche d’un comité de soutien et nous avons fait beaucoup de concerts pour que les gens continuent à en parler. Les derniers concerts étaient désespérés. Nous nous demandions à quoi il nous servait de continuer alors que les dernières images envoyées en février la montraient dans une forme physique lamentable. Je n’arrivais pas à croire à sa libération lorsqu’on me l’a appris», admet la musicienne qui se dit touchée par de tels événements. Cherhal se produira le 14 juillet en compagnie de ses collègues français Ours et Katel et offrira également son propre concert le lendemain, toujours à l’Espace 400e. Elle aimerait bien profiter de ce plateau à trois artistes pour créer des collaborations avec ceux-ci. «Je crois que nous allons faire beaucoup de bus ensemble, alors, j’aimerais bien pouvoir en profiter pour travailler un ou deux morceaux avec eux», confie-t-elle. |