FIJMLe tour du monde de Gino VannelliPhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 05-07-2008 | 04h00
Gino Vannelli au Festival de jazz? Mais bien sûr. Il est vrai que bien des gens l’identifient encore et toujours à sa grande période pop, genre Black Cars et compagnie. N’empêche, Vannelli, depuis des lustres, démontre une palette de couleurs bien plus large que celle de ses bombes radiophoniques. À LIRE AUSSI
Et il y a la génétique. «Il y en a qui ne savent pas que mon père était musicien de jazz, dit celui qui reçoit notre appel à sa résidence de l’Oregon, alors qu’il est tout juste 9 heures du matin là-bas. À l’âge de quatre ans, je savais qui étaient Count Basie et Duke Ellington.» N’ayez crainte, ce n’est pas en formation big band que Vannelli va se produire ce soir au théâtre Maisonneuve. En fait, ça serait plutôt l’approche inverse. Une voix, la sienne, et un piano, celui du Hollandais Bert Van Den Brink. Là encore, la présence du pianiste européen peut surprendre. Pourquoi lui alors qu’il existe tant de bons pianistes à Montréal qui auraient accouru pour seconder Vannelli dans cette entreprise? Ce qu’il faut savoir, c’est que si le Montréalais d’origine réside sur la côte ouest des États-Unis depuis longtemps, ce n’est plus son seul pied-à-terre. SÉJOUR PROLONGÉ «J’ai parcouru le monde, mais très souvent de la façon habituelle pour un artiste: en avion, en train et entre deux spectacles. J’avais pris la décision de ne plus vivre dans une bulle. Je voulais pouvoir ressentir ce qui se passait autour de moi. Donc, j’ai loué une maison là-bas et j’ai vécu comme tous les gens vivent. J’ai pris le métro, j’ai fait mes courses au marché et pris des mauvais cafés au bistro du coin.» C’est au court de cette période de vie qu’il a fait la connaissance de Van Den Brink. Comme les artistes qui ne se connaissent pas le font. Par hasard. En le voyant jouer sur une scène. «Je l’ai vu lorsqu’il jouait au sein de son trio, se souvient Vannelli. Quand j’ai vu la façon qu’il avait de toucher les ivoires, j’ai ressenti une grande émotion.» Rencontre, poignée demain, amitié: c’est là-bas qu’a commencé à germer l’idée de la performance que nous allons voir ce soir, performance que les deux artistes ont déjà offerte en Europe.
L’embarras du choixAvec 200 chansons sous la main, ce n’est pas le choix quimanquait à Gino Vannelli pour mettre sur pied son spectacle Songbook. Mais il avait quand même des paramètres à respecter. «Le défi, ici, dit-il, était de choisir les chansons qui peuvent se livrer en mode piano-voix. Certains choix étaient des évidences et ce furent des choix très faciles parce que pasmal de mes chansons sont composées à la base en piano-voix. Certains titres sont donc assez proches des versions que l’on connaît,mais d’autres disposent d’arrangements différents. «L’autre aspect capital, c’est que tu dois être à l’aise avec le musicien qui t’accompagne. Que ce soit sur le plan de la rythmique ou des harmonies, il faut pouvoir compter sur l’autre. Ce n’est pas comme si tu jouais au sein d’un grand ensemble.» Et, note-il, il faut que l’entreprise soit plaisante, sinon à quoi bon… «C’est une formule qui incite à la créativité. Dans le fond, c’est comme la vie. Il y a là un lot considérable d’improvisation. Ça fait si longtemps que je fais de la musique que je vois ça parfois comme une malédiction (rires)! Puis, quand je me mets à penser à la musique comme à un hobby, ça demeure une passion. »
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