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GEORGES MICHAEL

Toutes les couleurs de l'arc-en-ciel

Philippe Rezzonico
Le Journal de Montréal
23-06-2008 | 11h49
Gais, femmes siliconées au décolleté plongeant, couples hétéros, jeunes filles hystériques, petites familles: toutes les couches de la société renouaient avec George Michael, samedi soir, au MGM Grand Garden Arena, comme autant de couleurs de l'arc-en-ciel.

Il est vrai qu'une foule de Las Vegas est - par définition - diversifiée en soi, mais on ne s'y trompait pas. Le beau George, il a touché des gens dès les débuts de Wham! et il s'est fait des tas de fidèles en chemin.

Dans l'amphithéâtre du MGM Grand, pour la troisième escale du volet nord-américain de sa tournée mondiale, qui le mènera à Montréal le 18 juillet, Michael a mis le paquet pour satisfaire ceux «qui me suivent depuis 25 ans».

Trois écrans

Une évidence: tout était fait pour voir George du mieux possible, à commencer par cette étonnante scène à trois écrans géants. Ceux sur les flancs, tels des miroirs convexes, ont près de 40 pieds de hauteur. L'écran central, lui, du plafond de l'amphithéâtre, descend de près de cinq étages avant d'arriver à la scène et de défiler sous les pieds de Michael telle une tapisserie qui se rend jusqu'à la première rangée: images, photos et effets spéciaux peuvent constamment défiler sous Michael. Un concept similaire à la scène de Paul McCartney pour sa tournée de 2005.

Plein la vue

Ajoutez à cela des musiciens installés sur trois étages et six choristes, et le spectateur en a plein la vue. Pluie d'étoiles en ouverture, rayures multicolores durant I'm Your Man, plus funky que naguère; passage des saisons durant la splendide A Different Corner: l'écran devient même une pellicule de cinéma pour Spinning the Wheel, l'un des meilleurs moments du spectacle, où Christina, venue de San Diego, a failli me faire exploser les tympans.

Volontairement mal rasé, fringué avec goût, l'Anglais a la même dégaine qu'il y a 25 ans, les cheveux toutefois mieux placés aujourd'hui. Rayon voix, Michael est aussi humble que solide. Avant Everything She Wants (méchant délire !), il déclare: «Je ne mentirai pas pour celle-là, vous allez devoir m'aider.»

Voix impeccable

Michael ne peut plus en 2008 projeter le «Somebody Tell Me!» impensablement haut de la version d'origine. Pas grave, la foule le fait à sa place, elle qui chantera souvent au gré des succès et qui dansera à coeur joie. En revanche, l'ami George est im-pecca- ble de justesse avec la reprise jazz de Roxanne, Careless Whisper (formidable), Faith (comme dans le temps), Kissing a Fool (magnifique) et Feeling Good, qui est soutenue sur écran par un strip-tease visuel très années 1960.

«Ça, c'est un costume - le maillot de bain de la fille - que les gais et les filles adorent», lance-t-il. Les effets spéciaux aux formes géométriques et aux couleurs de l'arc-en-ciel durant¢ Freedom feront sauter de joie le gai devant moi et Michael - lui-même gai - soulignera qu'il a vu «deux femmes se marier à San Diego cette semaine», référence au fait que l'État de Californie vient d'accepter le mariage homosexuel sur son territoire.

Rayon bémols: pas sûr que l'idée de présenter le spectacle en deux parties soit excellente et certains enchaînements sont boiteux. Mais on (re)découvre des tas de chansons un peu oubliées plus que satisfaisantes et un artiste qui avait raison de nommer un de ses disques Listen Without Prejudice, il y a bien longtemps déjà.

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