VICTORIA ABRILDe nouvelles broderies sur de la haute couturePhilippe Rezzonico Journal de Montréal 17-06-2008 | 13h00
Au bout du fil depuis la France, Victoria Abril est intarissable quand elle parle de son nouveau-né, passant du français à l’espagnol avec autant d’aisance, finalement, que les mots de Ferré, de Gainsbourg et de Barbara prennent une nouvelle résonance dans sa bouche. Son enthousiasme est compréhensible. Le premier disque de la Madrilène de naissance, paru en 2005, était quelque chose qu’elle désirait depuis longtemps, mais elle ne pouvait s’attendre à des ventes inespérées de 120000 exemplaires en France, un chiffre considérable compte tenu de la situation du marché du disque dans l’Hexagone, bien pire que celle du Québec. L’ancienne muse du réalisateur Pedro Almodóvar (Attache-moi, Talons aiguilles, La Loi du désir) avait une intention bien différente avec Olala!, qui a déjà trouvé 25 000 acheteurs en quelques mois de mise en marché en Europe. «J’ai grandi avec ces classiques de la chanson. Ce sont mes souvenirs, mais je voulais aussi avoir l’autre facette, celle de mes racines andalouses. Le meilleur des deux mondes, quoi…» CHANSON ET FLAMENCO Victoria Abril a donc fait appel à une armada de musiciens férus de flamenco, mais qui n’avaient aucune connaissance des versions originales. « Pensez-y, dit-elle, en prenant le journaliste à témoin. J’ai mis deux mois à traduire les chansons pour qu’ils sachent de quoi elles parlent, et quand ils sont arrivés en studio, aucun d’entre eux n’avait pris le temps de lire les textes. Ah, la, la… » Pas grave. Les musiciens ont donné une nouvelle vie à La Javanaise, Bidonville et autres La Vie en rose, résultat d’une approche à la fois rigoureuse et audacieuse. «J’ai chanté les chansons en respectant les mélodies et les textes, mais il y avait une réelle liberté quant aux arrangements, aux rythmes et aux tempos, dit Victoria Abril. C’est comme si on avait mis des habits uniques, de nouvelles couleurs et de nouvelles broderies sur de la haute couture.» Curieusement, c’est en spectacle que la charpente de son second disque a vu le jour. «J’ai donné environ 150 représentations de Putcheros do Brasil, et au rappel, quand je reprenais les classiques qui sont sur Olala!, je relançais complètement le spectacle. L’idée de bâtir un deuxième disque avec ces chansons s’est imposée d’elle-même.»
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