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Madame Moustache - Country urbain
© Photo Hugo-Sébastien Aubert
Madame Moustache: Benji Vigneault, Mathieu Vigneault, Geneviève Néron, Guillaume Duchesneau et Julie Ross.

MADAME MOUSTACHE

Country urbain

Philippe Meilleur
Journal de Montréal
27-05-2008 | 14h30
Yiiihaaa! Après trois années passées à peaufiner ses compositions country-rock actuel, le quintette Madame Moustache rentre à l’écurie cette semaine en lançant son premier album, Au nom du countr(i). Rencontre avec deux cow-girls débrouillardes.

Tout a commencé il y a cinq ans, sur un taureau mécanique dans un bar de Saint-Tite, pendant le Festival western.

«Julie (Ross, chanteuse) et moi, on aime beaucoup le country, explique Geneviève Néron, bassiste et chanteuse. J’étais en train de faire un tour de taureau mécanique quand l’idée nous est venue de nous partir un band.»

De fil en aiguille, les deux amies trouvent trois musiciens (Mathieu Vigneault à la guitare électrique, Guillaume Duchesneau au violon et Benji Vigneault à la batterie) qui acceptent de s’investir dans leur projet fou. Les cinq membres ont des horizons musicaux différents, mais s’unissent sous la bannière d’un country nouveau genre qui obtient rapidement des échos favorables en région. La randonnée venait de commencer…

SANS BLAGUE

Au cours des années suivantes, Madame Moustache a composé une quinzaine de chansons alliant le rock, le jazz et même le death metal(!) aux standards country.

«C’est une musique qui a longtemps été boudée au Québec, explique Geneviève Néron. Mais certains des plus grands noms de la musique d’ici en ont fait, de Richard Desjardins à Jim Corcoran, en passant par Gilles Vigneault.»

«À force d’explorer différentes avenues, on a trouvé ce son particulier qu’on décrit comme la balle de foin au milieu du bitume, ajoute Julie Ross. On fait du country urbain, ou encore du rock agricole.»

Mais attention: malgré ce nom particulier et une fusion des genres apparemment déroutante, Madame Moustache n’est pas une blague.
«Le country, on aime ça pour vrai! lance Geneviève Néron. Nous avons déjà fait un voyage à Nashville en auto juste pour le trip d’aller écouter la musique dans sa patrie d’origine.»
OK, on vous croit.

AU TRIPLE GALOP

Avec une quantité appréciable de compositions originales dans ses valises, Madame Moustache a passé les trois dernières années à se produire un peu partout en région. Des Îles-de-la-Madeleine à l’Abitibi, il n’y a pas un coin de province qui n’ait reçu la visite de la diligence.

«Nous avons fait nos propres contacts, nous avons réservé nos salles, transporté nos équipements, énumère Julie Ross. Il a fallu beaucoup de travail et d’acharnement, mais nous sommes parvenus à un très bon résultat.»

Les efforts de Madame Moustache aboutissent justement cette semaine, alors que la formation lance son premier album, Au nom du countr(i). «Nous avons déjà vu une bannière accrochée dans une ville qui disait: Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait, dit Geneviève Néron. Ça résume très bien notre parcours jusqu’à présent.»