K. D. LANGSeul maître à bordPhilippe Meilleur Le Journal de Montréal 25-05-2008 | 12h00
Sept ans pour un nouvel album? On croyait qu’il n’y avait qu’Axl Rose, dont le disque Chinese Democracy est attendu depuis dix ans maintenant, pour attendre si longtemps entre deux nouveautés. «Après que Invincible Summer a été lancé, en 2000, j’ai immédiatement commencé à penser au prochain disque, raconte k.d. lang, jointe au téléphone cette semaine. Mais des gens me proposaient sans cesse de nouveaux projets, comme Live by Request et Hymns of the 49th Parallel, qui retardaient toujours la production du disque suivant.» L’écriture de Watershed, lancé en février dernier, s’est donc étirée sur plus de sept années. Un processus bénéfique, selon la chanteuse. «Je l’ai écrit dans mes temps libres, sans aucune pression sur mes épaules, dit-elle. C’est merveilleux d’avoir le privilège de travailler de cette façon; ça donne un disque très authentique.» Question d’être totalement maître du navire, l’artiste a aussi décidé de s’installer seule derrière la console du réalisateur, une première. «Je n’avais pas à communiquer avec quelqu’un d’autre pour faire passer mes émotions, se souvient k.d. lang. Au début, j’étais plus ou moins à l’aise en tant que réalisatrice, mais ça m’a fait grandir en tant que personne et artiste.» FAIRE CE QU’ELLE VEUT Le résultat est un disque résolument plus achevé et tourné vers la pop pour adultes. «J’ai beaucoup grandi depuis l’écriture d’Ingénue, en 1992, dit l’artiste. Les musiciens essaient souvent de se faire guider par leurs aspirations artistiques d’abord et avant tout, et j’y suis maintenant arrivée.» On ne se serait pas attendu au contraire de la part d’une artiste qui a remporté très tôt dans sa vie, en 1989, un Grammy pour la meilleure performance vocale – country avec son album Absolute Torch and Twang. «Mes albums sont de plus en plus pensés pour la musique et non pas pour le succès ou la gloire, dit-elle. À l’étape où j’en suis rendue dans ma carrière, je m’accorde le droit de faire ce que je veux, point final.» k.d. lang sera en spectacle à l’Olympia de Montréal les 29 et 30 mai.
ATTRISTÉE PAR LA SITUATION AU TIBETEn tant que pratiquante du bouddhisme tibétain, k.d. lang dénonce haut et fort ce qu’elle considère comme l’oppression du Tibet par la Chine. «La situation là-bas m’attriste beaucoup, lance la chanteuse dès qu’on aborde le sujet avec elle. Avec sa nature pacifique et sa culture, le Tibet est un trésor pour toute l’humanité. Le monde souffrirait beaucoup de la disparition de ce peuple. «Je trouve particulièrement répugnant le fait que quelqu’un puisse être mis en prison pour avoir affiché une photo du dalaï-lama dans sa maison, poursuit-elle. Et quand les Chinois disent qu’ils veulent ouvrir un dialogue avec les représentants tibétains, ils font allusion aux émissaires qu’ils ont eux-mêmes mis en place. C’est de la merde.» PAS DE BOYCOTT Malgré ces critiques virulentes, l’artiste ne serait pas favorable à un boycott total des Jeux olympiques de Pékin par le Canada. «Faire souffrir des athlètes qui ont fait autant de sacrifices pour en arriver là serait injuste, dit-elle. Mais les Jeux ont toujours été chargés politiquement, alors je serais d’accord pour un boycott de la cérémonie d’ouverture.»
|