AUDREY GAGNONSavoir prendre son tempsPhilippe Renault Journal de Montréal 11-05-2008 | 04h00
« C’était plus que nécessaire de prendre du recul. C’est sûr qu’au début, je voulais que l’album sorte le plus vite possible. J’étais ancrée dans la musique et je n’avais pas envie d’avoir un temps mort. «Finalement, j’ai bien fait de prendre mon temps. C’était primordial parce que j’étais habituée d’interpréter les chansons des autres et il fallait que je fasse la transition vers mes propres chansons», explique la jeune femme. Cette dernière devait surtout parvenir à définir son propre style, chose qui n’est pas évidente lorsqu’on sort d’une académie à interprétation où les choix se font en fonction de la popularité et non par souci artistique.
L’INFLUENCE LAURENCE JALBERT Nul doute qu’Audrey s’est fait plaisir avec cet album lancé mardi dernier. En plus de signer un texte, Taire ces larmes, et de s’offrir un duo avec Jean- François Dubé (Noir Silence), S’il ne restait, elle propose deux extraits de Laurence Jalbert, une artiste qu’elle respecte au plus haut point. « Laurence est l’une de mes idoles, tant pour son talent que pour la personne qu’elle est. Elle fait ce métier pour les vraies raisons, tout comme moi. « Il y a environ un an, je lui ai envoyé un courriel pour reprendre une de ses chansons, mais je ne pensais pas qu’elle allait me rappeler. Finalement, elle m’a contactée et on a beaucoup parlé. Elle m’a donné plusieurs trucs du métier. Puis, après avoir sorti son album, elle a envoyé la chanson Ma prière à ma maison de disques pour que je puisse l’utiliser », raconte celle qui a également repris le succès Encore et Encore.
Définir son universAprès avoir vécu de grandes sensations avec Star Académie, Audrey Gagnon est retombée sur terre. Elle est consciente qu’elle repart à zéro et qu’elle doit de nouveau faire ses preuves. Le défi est autant plus grand qu’elle doit parvenir à se faire une place parmi la multitude de nouveaux artistes, qui comme elle espèrent se tailler une place de choix dans notre industrie musicale. Audrey remarque notamment que plusieurs autres star académiciens ont également tenté leur chance en solo au cours des derniers mois. Il y a eu notamment Stéphane Mercier, Bruno Labrie, Martin Giroux, Marc Angers et Marc-André Fortin. Comment se démarquer parmi ce lot d’artistes? «Je n’ai jamais vraiment pensé à travailler juste pour me démarquer. Mais c’est vrai qu’il y a beaucoup de chanteurs sur le marché. L’important pour moi était tout d’abord de trouver qui j’étais vraiment. On ne peut jamais éviter le jeu des comparaisons, surtout au début de notre carrière. «C’est une étape à franchir et petit à petit, les gens vont reconnaître ma voix. Je le fais aussi pour les bonnes raisons. C’est ma façon de m’extérioriser», confie-telle. DE GRANDIOSE À INTIME «Je rêve simplement de donner le plus de shows possible. Je sais que vendre 50000 ou 100000 albums, ça ne se fait plus vraiment. Je me souviens lorsque j’ai chanté au Centre Bell. Lorsque l’écran a monté, je me suis dit: prends une photo, parce que ça ne t’arrivera plus jamais! Je suis prête à vivre autre chose de plus intime», évoque-t-elle.
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