RADIOHEADPas d'onde de choc au QuébecPhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 05-05-2008 | 11h52
Cette façon de faire a-t-elle eu des répercussions jusqu’ici sur le marché du Québec? Aucunement. Depuis octobre, seulement deux artistes d’ici (Jorane et Mister Brumaire) ont mis en ligne un disque en entier, alors que Pierre Lapointe, Ariane Moffatt et Éric Lapointe – pour ne nommer que de gros joueurs – ont fait impasse sur une diffusion de masse en ligne, qu’elle soit gratuite ou payante. Lire aussi
Selon elle, la notoriété à l’échelle mondiale est l’une des explications qui permettent à des Radiohead, Nine Inch Nails et autres Coldplay de se livrer à ce petit jeu avec des variantes. «Pour ces groupes, le bouche à oreille est mondial, dit-elle. Ici, nous avons sept millions d’habitants et quatre millions d’acheteurs potentiels. Cette initiative peut fonctionner pour ceux qui ont déjà une renommée mondiale, sinon Internet sert surtout à des fins de promotion.» MARCHÉ SYMBOLIQUE La directrice générale base son analyse sur des chiffres de la Fédération internationale de l’industrie phonographique. Dans les faits, la vente de musique via Internet est symbolique au Québec. «En 2007, le pourcentage des ventes de disques via Internet au Québec est de 1,6 pour cent, contrairement à 30 pour cent aux États-Unis, 60 pour cent en Corée du Sud et 15 pour cent pour l’ensemble de la planète.» Dans les faits, le Québec fait figure de village gaulois en regard de l’offre et de la demande Internet, surtout parce que les Québécois sont prêts à acheter la musique des leurs au lieu de la pirater. «L’an dernier, il s’est vendu 11,5 millions de disques au Québec, tous genres confondus, note Solange Drouin. Du nombre, 48 pour cent des ventes étaient liées à des artistes québécois.» En effet. Cette semaine encore, Éric Lapointe et Ariane Moffatt ont écoulé ensemble plus de 32000 exemplaires de leurs nouveaux disques. Pourquoi diable offriraient-ils le fruit de leur travail gratuitement en ligne? |