DERNIER TOUR DE PISTE?Une ovation pour accueillir la légende du country-folk canadienPhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 21-04-2008 | 08h44
Et elle ne pensait plus y revenir pour chanter parce qu’elle avait – techniquement – pris sa retraite. Mais voilà. Il a suffit d’un disque de duos féminins, Anne Murray Duets: Friends & Legends, écoulé à 175 000 exemplaires, pour que la légende du country-folk canadien décide de s’offrir une autre tour née nationale. C’est probablement pour ça que tout le monde s’est levé au Théâtre St-Denis pour ovationner Murray lors de son entrée en scène, car cette tournée a des allures de dernier tour de piste. Accompagnée de cinq musiciens et d’une choriste qui totalisent plus de 175 ans d’ancienneté à ses côtés, Murray a survolé toutes ses périodes, tous ses styles. La scène avec les escaliers, qui permettaient d’installer la massive section de cordes (14 instrumentistes), les longs rideaux ainsi que les abat-jour suspendus offraient un environnement qui cadrait plus avec la Anne Murray «variétés», à l’époque de ses apparitions et collaborations avec Céline Dion, Julio Iglesias et Wayne Gretzky. Les versions de Put a Little Love in Your Heart, I’m Gonna Sit Down and Write Myself a Letter et Dream a Little Dream of Me étaient offertes dans cet esprit, tout comme le passage hilarant où elle nous a lu des courriels de ses fans. La dame a du métier… Voix enrouée La chanteuse de 62 ans avait toutefois un sérieux problème de voix qui relevait visiblement d’une grippe et non pas des séquelles de l’âge. Avec une voix bien plus grave que d’ordinaire, toutes ses montées en puissance dans les registres graves – et pas avec les notes aiguës – étaient rauques au point que c’en était désagréable. Heureusement, ça n’a eu à peu près aucune importance pour ce que l’on voulait vraiment entendre d’Anne Murray. Quand elle a offert le segment folk en acoustique avec sa guitare et ses guitaristes Georges Hebert et Aidan Mason, nous étions au paradis avec les chansons incontournables (magnifique Snowbird), celles demandées par la foule (Farewell to Nova Scotia) et autres Cotton Jenny. Sentiment similaire avec le long pot-pourri country qui nous a valu des I Can’t Stop Loving You, All I Have to Do is Dream, Made the World Go Away et You Don’t Know Me plus vraies que nature. Là, on sentait tout l’amour du country. Était-ce la dernière tournée d’Anne Murray? On l’ignore, mais à la lumière de l’excellent duo (Nobody Loves Me Like You Do) et de la participation à trois chansons de sa fille Dawn, il n’est pas exclu qu’un autre membre de la famille vienne nous voir dans l’avenir. |