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Manuel Gasse - Une productivité effarante
©Alain Décarie/Journal de Montréal
ManuelGasse vient de lancer l’album Journal, disponible uniquement dans Internet.

MANUEL GASSE

Une productivité effarante

Philippe Renault
Journal de Montréal
20-04-2008 | 12h00
Manuel Gasse fait partie de cette nouvelle vague d’artistes qui croient avant tout en la force d’Internet. Après avoir délaissé sa maison de disques, il a décidé de se lancer tête baissée dans l’aventure du Web album.

Et comme si cette décision d’assumer seul sa carrière n’était pas suffisante, il a décidé de s’imposer l’ultime défi de composer 12 chansons en autant de semaines. Une démarche créatrice que ses fans ont pu suivre hebdomadairement sur son site Internet (www.manuelgasse.com) en visionnant des capsules vidéo réalisées par l’artiste.

«J’ai flushé ma compagnie de disques parce que ça ne marchait tout simplement pas entre nous. Sélect Digital m’a ensuite approché pour ce projet. Au début, je ne devais qu’écrire mes tounes afin de montrer mes qualités, car j’ai une grande capacité à écrire et à composer rapidement.
«Je me disais alors que certaines de ces chansons pourraient éventuellement se retrouver sur mon prochain album. Finalement, j’ai gardé les 12 chansons pour en faire l’album Journal. Ce n’est pourtant pas orthodoxe comme façon de faire. Habituellement, enregistrer un disque demande une longue démarche, tandis que là, je devais faire une toune par semaine, en plus de la vidéo qui demandait encore plus de temps», raconte-t-il.

PRODUIRE SOUS PRESSION

Celui qui a déjà remporté les Prix du public au Festival international de la chanson de Granby (2000) et à Petite-Vallée (2002) ne cache pas que les moments de stress ont été nombreux au cours du processus.

«Dès la première semaine, Monique Giroux a embarqué dans le projet en décidant de faire jouer chaque semaine ma nouvelle chanson à son émission. Je ne pouvais pas me contenter de ne faire que deux ou trois accords en disant des niaiseries en cas de panne d’inspiration.
«Par exemple, lors la dernière semaine, j’ai décidé le dimanche de faire une sorte d’anti-toune, qui était assez plate, juste pour rire. Au souper, ma blonde m’a dit que je ne pouvais pas faire ça! Je suis retourné dans le studio en ne sachant pas quoi faire. Puis j’ai pris ma guitare et tout est venu en seulement 30 minutes», raconte-t-il.

Ce dernier, qui a tout enregistré seul dans le sous-sol de sa demeure, se dit si emballé par le concept du Web album qu’il envisage maintenant de répéter l’expérience.

«Normalement, l’artiste ne touche que 2 $ par disque vendu 17 $ ou 18 $. Mais là, je vends l’album 10 $ et je touche 8 $. Trouvez l’erreur! Je veux le refaire, mais avec la collaboration de plusieurs artistes», souligne-t-il.

Manuel Gasse, au Studio- Théâtre de la Place des Arts les 2 et 3 mai.

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