THE CULTAvec le panache d'antanPhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 18-04-2008 | 08h57
Voilà le genre de commentaires que l'on échangeait entre collègues près du coup de minuit, mercredi, sur le trottoir de la rue Sainte-Catherine, au sortir de l'Olympia et du spectacle offert par The Cult. Étonnés l'étions-nous de cette performance qui a failli passer sous le radar en raison de la non-promotion de l'événement par une compagnie de Toronto, de la dispute entre The Cult et leur ex-label, et d'une distribution minime de leur compact de 2007, Born Into This. Bref, une bonne foule à l'Olympia, mais pas de salle comble. Mais du plaisir, ça, oui! Quand The Cult a ouvert le bal avec un trio explosif formé de Fire Woman, Rain et Electric Ocean, on a réalisé qu'il ne s'agissait pas du groupe mou qui a joué au Théâtre du Centre Bell il y a deux ans. Ian Astbury n'était plus le barbu un peu bedonnant de mai 2006, tant il affichait sa forme longiligne et sa voix des beaux jours. Quant au guitariste Billy Duffy, bras droit tournoyant, guitare pointée vers le plafond, il avait, lui aussi, son panache d'antan. La belle époque Nul besoin de fermer les eux pour se croire à l'époque de Love ou de Sonic Temple. Les spectateurs - fourchette 35-45 ans - scandaient «Sweet! Soul! Sister!» bras pointés vers le ciel, et tapaient dans leurs mains comme des malades à l'ultime rappel avec l'immortelle She Sell Sanctuary. Invité de passage courtois, Astbury, qui s'exprime pas si mal en français, nous a offert un «Un, deux, trois, quatre!» dans la langue de Molière durant The Witch, a présenté la nouvelle Savages comme étant «Les Sauvages», et a souhaité «bonne chance!» aux Montréalais, après avoir reçu un chandail du Canadien sur scène. Si les fans ont réagi plus fortement aux classiques Spiritwalker, Wild Flower ou Love Removal Machine, ils ont bien apprécié des nouveaux titres comme I Assassin et Illuminated, qui affichaient des influences de l'Asie et de l'Orient sur des images vidéo de ces parties du globe. Durant Tiger in the Sun, The Cult a présenté des images de manifestations de soutien envers le Tibet, ce qui a amené Astbury à offrir la récente Holy Mountain, tout seul, en mode acoustique. Très beau moment d'un spectacle fougueux qui nous a rappelé que The Cult a encore des choses à dire et à offrir. |