BUCK 65Postmoderne et virtuelPhilippe Rezzonico Le Journal de Montréal 13-04-2008 | 04h00
Attention, quand on parle de son dernier disque, on ne parle pas de son récent et excellent compact Situation, paru l’an dernier, que Buck 65 viendra nous présenter en spectacle samedi prochain, au National. Non, on parle plutôt de l’histoire d’un disque nommé Bike for Three!, dont il fait mention au sein de son site Web, que l’on pourrait considérer comme le summum de création artistique virtuelle du XXIe siècle. «La plupart des gens pourraient considérer ça comme un projet parallèle, mais c’est probablement devenu la plus grande priorité de ma vie. Et je crois que mon partenaire pense la même chose.» Dans les faits, le Canadien Buck 65, de son vrai nom Ricardo Terfry, a complété le disque avant le week-end des Junos et il doit faire le mixage final dans les prochains jours. Mais en quoi ce projet est-il si différent de ce que Buck 65 fait d’ordinaire? «C’est entièrement un album de musique électronique, ce que je n’ai jamais fait, même si j’ai déjà utilisé de l’échantillonnage. En général, je fais de la musique organique. Pour moi, c’est un nouveau monde, plutôt audacieux. J’ai parlé d’une collaboration, mais je devrais parler d’une collaboratrice. Une Belge, nommé Joëlle, dont le nom de famille est d’origine vietnamienne. Je suis incapable de l’épeler correctement. Elle fait de la musique électronique d’une grande beauté, comme je n’en avais jamais entendu auparavant.» À DISTANCE Là où ça devient peu ordinaire, c’est quand Buck 65 nous explique la rencontre. «Elle a connu ma musique sur MySpace et elle a demandé à être mon amie. C’est comme ça qu’on a fait le premier contact.» D’ébauches en maquettes en passant par les échanges de fichiers, ce qui devait être un projet d’une chanson est devenu un disque, disque que Buck 65 n’a aucune idée s’il va le mettre en marché sous l’étiquette Warner ou par le biais de son site Web. «Mais le clou de mon histoire (sourire), c’est que je n’ai jamais rencontré cette fille de ma vie.» – Pardon? «Tu as bien compris. Le fait qu’on ne se soit pas rencontrés, c’est pas moderne, c’est postmoderne. Ça en dit long sur notre époque et la technologie qui nous gouverne. Il y a même une chanson du disque qui se nomme Let’s Never Meet. C’est étrange, je n’ai jamais été aussi personnel dans mes textes. On a annoncé la couleur à toutes les parties concernées autour de ce projet: «On ne s’est jamais vus et on n’a pas l’intention de se rencontrer.» C’est pour ça qu’il n’y aura jamais de tournée commune.» On l’a dit: renversant.
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