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Robert Charlebois - Nouvelle salle, nouveau spectacle
© Photo Le Journal - Olivier Jean
Robert Charlebois.

ROBERT CHARLEBOIS

Nouvelle salle, nouveau spectacle

Philippe Rezzonico
Journal de Montréal
06-04-2008 | 04h00
Au cours des prochains jours, Robert Charlebois sera le premier artiste à présenter un nouveau spectacle, Avril sur Mars, à L’Étoile, la nouvelle salle de la Rive-Sud. Renouveau double pour un artiste revigoré depuis l’arrivée du XXIe siècle.

Quand Charlebois parle du nouvel amphithéâtre où il répète depuis quelques semaines, ses yeux s’illuminent. Pourtant, il en a vu des salles en 40 ans, l’artiste.

«C’est très confortable pour les spectateurs, et pour les musiciens, c’est un environnement idéal, note Charlebois, qui offrir Avril sur Mars – titre de l’un de ses disques – du 8 au 12 avril. La production sera impeccable, parce qu’on répète sur place. C’est un luxe. Pour un éclairagiste, assister à toutes les répétitions avec son jouet entre les mains, le nouveau décor et les ordinateurs… C’est formidable.»

Évidemment, il n’y a pas de petits hasards. L’Étoile est gérée par la Compagnie Larivée Cabot Champagne, qui possède également l’étiquette de disques la. tribu, qui est celle de Charlebois.

«C’est vrai, mais sans la. tribu, je ne l’aurais jamais vue cette salle-là. C’est une Aston-Martin cette salle, mais il faut «livrer». Un show plate dans la plus belle salle du monde va rester un show plate.»

Le spectacle Avril sur Mars était nécessaire aux yeux de Charlebois, lui qui a présenté sa formidable tournée Tout écartillé dans trois salles différentes (La Tulipe, le Casino, le National) à Montréal. En dépit de ces multiples prestations, il note qu’il y a une foule de gens qui ne l’ont jamais vu sur scène.

«Durant mes shows, je fais mon enquête, et je fais des shows depuis plus longtemps que Broue. Quand je demande qui m’a déjà vu sur scène, plus de 80 pour cent disent qu’ils ne m’ont jamais vu. Il y a plein de gens de ma génération qui ont mes disques, qui m’ont vu à la télé et pour qui mes chansons font partie de leur univers, mais qui ne m’ont pas vu en spectacle.»

C’est avec ce souci de ne pas ennuyer les fans assidus et de plaire aux nouveaux qu’il a préparé ce nouveau spectacle.

Variations

«Nouveau spectacle ? Oui, mais il va y avoir des similitudes. Je voulais changer plein d’affaires, pis tout à coup, en me mettant à réécouter Tout écartillé avec des cuivres… Tabarnak ! Et La Manufacture… Ça a été fait de même ! Et Fu Man Chu avec les cuivres… Ça fait déjà 20 minutes qu’il est pareil et je ne te parle pas du reste »

«Je rêvais de faire Petroleum. On a même fait les arrangements. Mais il faut que ça se tienne… Un show, c’est comme un film. Ça arrivait tellement comme une toune de Zappa… Comme dans un jeu de quilles. Et même si la musique est parfaite, je me suis dit: non, peux pas la caser.»

Au final, Charlebois a retranché une demi-douzaine de chansons de la tournée Tout écartillé, pour les remplacer par d’autres. Il y en aurait eu bien plus que ça, mais il y a eu un pépin.

«J’avais des ambitions, mais j’ai perdu mon batteur Steve Gagné il y a quelques jours. Il a fait un burn-out, un vrai. Il est entré à l’hôpital. Il est avec moi depuis quatre ou cinq ans et il connaît 50 tounes de Charlebois. Je voulais arriver avec dix anciennes chansons dans ce spectacle, mais ça va être cinq, en raison du nouveau batteur. Et il y a des chansons qui doivent se reposer: Dolorès, Entr’deux joints, J’veux d’l’amour… Ceux qui ont aimé Tout écartillé vont aimer ce show-là et ceux qui m’ont jamais vu ne vont pas être déçus.»

Un vinyle en guise de chant du cygne ?

Mine de rien, ça fait presque sept ans que Charlebois nous a offert un compact de matériel original avec Doux Sauvage. Il faudra encore attendre pour la suite, suite qui pourrait être le point final d’une longue carrière discographique.

«Là, je pense que si je fais un album, ça va être mon dernier. Ça ne sera pas mon plus récent, mais mon dernier».

Et il pourrait renouer avec le passé.
«Je vais probablement faire un vinyle si je fais un album. C’est plus près de l’oeuvre d’art. Le CD ne se vend plus. Les gens les copient. Ce n’est pas un objet que tu as le goût de conserver. Mais je voudrais d’un vinyle dont les deux faces ont des émotions différentes. Pour Avril sur Mars, il y avait un côté avec des chansons lentes et un côté avec des cauchemars.

«Ça sera probablement un vinyle, ou peut-être que je vais droper les chansons en ligne. Tu sais, aller passer deux mois en studio et suer sang et eau pour me faire copier et pour vendre 8000 disques, ça ne me tente pas. Et c’est pas comme si j’avais besoin de le faire. Cela dit, j’ai pas mal de matériel sous la main, mais je ne ressens pas l’urgence de sortir un nouveau disque qui serait le dernier.»

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