TAKING CHANCES EN AUSTRALIEIls l'attendaient depuis 10 ansAgnès Gaudet Le Journal de Montréal 01-04-2008 | 11h18
La Québécoise a reçu à Brisbane un très chaleureux accueil des Australiens, heureux de retrouver celle qu'ils attendaient depuis dix ans et sachant que Céline puisait en de nouvelles forces pour offrir une performance à sa hauteur ce soir-là. «Il y a tant de choses que j'ai envie de vous dire. Il y a des choses qu'on ne contrôle pas dans la vie, a entre autres déclaré Céline en référence à sa convalescence, mais je suis beaucoup mieux.» Céline a réussi hier son exigeante performance devant une salle gagnée d'avance qui l'a ovationnée à plusieurs reprises. Malgré un problème de son récurrent dans ses moniteurs d'oreilles, Céline a tourné le problème à son avantage avec humour: «Vous voyez, maintenant que j'ai quarante ans, je n'entends plus très bien!» a-t-elle spontanément lancé à la blague. Après le spectacle, toute la proche équipe de Céline, en compagnie de la privilégiée représentante du Journal de Montréal, s'est mise en position pour un runner, c'est-à-dire un départ ultrarapide à bord des quatre véhicules réquisitionnés pour éviter les embouteillages. Le groupe est parti dès la dernière chanson terminée et a regagné l'aéroport, où l'avion attendait pour un retour à Sydney, à environ une heure et demie de vol. «C'était difficile, mais j'ai brisé la glace, commentait-elle après la représentation. Les gens m'ont donné l'énergie qui me manquait. Ce n'est pas toujours rose, on n'a parfois pas la pêche et on n'a pas toujours la pleine capacité de nos moyens. «Je ne suis pas tout à fait guérie et j'ai eu des problèmes de son, mais l'important, c'est que j'aie pu faire ce spectacle.»
Un être exceptionnel, avec simplicité et modestieRené Angélil, qui a rencontré Céline Dion pour la première fois il y a 27 ans, se dit toujours impressionné par celle qu'elle est devenue: «C'est une femme extraordinaire, il n'y en a pas d'autres comme elle dans le monde qui ont un tel succès et sont restées si simples.» La petite fille de Charlemagne a déjà 40 ans. «Quand j'y pense, ça me rappelle l'âge que j'ai moi aussi!» admet le gérant en riant. René Angélil connaît Céline Dion depuis janvier 1981. En nous le rappelant, il ne peut s'empêcher d'ajouter: «Ça passe tellement vite! C'est comme si ça faisait un mois. Je n'ai pas vu le temps passer.» Puis, il se lance dans un sincère hommage à la femme qu'il aime pour expliquer celle qu'est devenue Céline au fil des ans, un être exceptionnel. «Céline n'a pas eu beaucoup d'instruction. Elle n'est pas allée à l'école longtemps, dit-il. Pourtant, aujourd'hui, elle exprime sa pensée de façon extraordinaire, d'une façon qui nous dépasse tous. Voyages «Je me demandais justement ce matin comment elle a fait pour se rendre jusque là. Et j'ai trouvé la réponse, de poursuivre René Angélil. Depuis 27 ans, dès l'âge de 13 ans, Céline a eu la chance de voyager, de découvrir des cultures étrangères, celle de la France avec Eddy Marnay, ensuite celle du Japon et finalement celle du monde entier. Et Céline est comme un enfant, comme une éponge. Elle absorbe tout au contact des autres. Tout ça est dû à sa grande intelligence. «Elle a acquis une expérience de la vie énorme auprès de ces gens-là et elle a eu l'humilité et la modestie, malgré le succès et les honneurs dans tous les pays du monde, de ne pas avoir la tête enflée. Ça aussi, c'est grâce à son intelligence.» Quant à la chanteuse qui n'a cessé de grimper les échelons, René a aussi son idée là-dessus. «Céline a eu la grande chance d'avoir un talent naturel, un don du bon Dieu, un talent qu'elle a développé avec de la discipline et beaucoup de travail. Céline guérie, Brisbane soulagéCéline est de retour au boulot. Après l'épreuve virale qui a touché la chanteuse et plusieurs membres de son équipe, la machine est repartie et tout le monde est au poste. Céline s'est envolée hier pour Brisbane, où elle a donné sa première représentation en terre australienne, au Brisbane Entertainment Center, un aréna de quelque 12 000 sièges rempli à craquer. Guérie mais encore fragile, la star a d'abord répété une demi-douzaine de chansons avec ses musiciens, dont Woman in Me, Eyes on Me, Man's Man's Man's World et My Love, une nouvelle chanson ajoutée au spectacle. Deux heures avant le show, vêtue d'une courte robe bleue, les cheveux remontés en chignon, Céline a procédé à des ajustements de son. Après plusieurs jours d'arrêt forcé, elle s'est permis de répéter un peu plus qu'à l'habitude, question de se rassurer. «Ce soir, je ne peux pas vraiment me fier à mon outil (sa voix), disait-elle un peu plus tôt à bord de l'avion qui la menait de Sydney à Brisbane. Je vais devoir compenser avec des petits mots, aller chercher les gens avec l'émotion.» Énergie retrouvée Sur scène, en répétition, Céline s'est allumée et a donné le ton à toute l'équipe en plaisantant, dansant un peu. Sa bonne humeur et son énergie retrouvée se sont vite transmises à ses musiciens et choristes: «Ce soir, j'ai besoin de super-assurance», a-t-elle dit, inquiète pour sa voix après neuf jours de combat pour se débarrasser de cette vilaine infection aux voix respiratoires. Le test de son terminé, Céline a gagné sa loge pour manger, se faire maquiller et coiffer. Pendant ce temps, dans la cafétéria, sa bande se rassasiait avant la représentation d'un bon... pâté chinois. Trois minutes avant le show, son frère Michel est venu chercher la star. |