GETBACK!La Beatlemania gagne QuébecMarc-André Boivin 17-03-2008 | 21h42
Embauché il y a plus de 20 ans pour tenir le rôle de Paul McCartney, Jack Petrilla était loin de se douter qu’il passerait par la suite sa vie sous les traits du célèbre auteur-compositeur-chanteur et bassiste de la formation. «Nous avons arrêté de compter les années lorsque nous nous sommes rendus compte que ça faisait 20 ans que nous faisions ce spectacle», lance le musicien qui refuse de dévoiler son âge. Les membres de GetBack!, originaires de Nashville au Tennessee, sont de retour sur la route depuis le début du mois de février dernier pour une tournée nord-américaine qui ne semble pas près de se terminer. «Nous sommes sur la route jusqu’à la fin du mois d’avril, arrêterons pour une pause et nous reprendrons le travail pour l’été. Je crois que nous pourrons faire ce travail jusqu’à ce que les Beatles ne soient plus populaires, donc pour au moins le reste de notre vie», affirme le musicien en riant. Spectacles variables On serait porté à croire qu’après tout ce temps, les musiciens pourraient souffrir d’une «écoeurantite» aiguë, mais la doublure de Sir James Paul McCartney affirme tout le contraire. «Les spectacles sont toujours très différents d’une ville à l’autre. La foule apporte une énergie qui fait que nous voulons donner le meilleur de nous-mêmes chaque fois. La personne qui nous a vu jouer un soir peut revenir nous voir le lendemain sans avoir droit au même show. Nous changeons régulièrement les choses. Juste au niveau du répertoire, les Beatles doivent avoir plus de 250 chansons alors, il est facile de faire des spectacles différents et il est impossible de se tanner. C’est ce qui nous permet de garder le moral», explique-t-il. Le spectacle hommage au Beatles couvre, selon M. Petrilla, trois époques de la carrière du légendaire groupe anglais. «Nous effectuons trois changements de costumes. On débute évidemment par l’ère Ed Sullivan pour ensuite nous lancer dans l’ère Sgt. Pepper. Nous terminons par l’époque Abby Road/Let It Be, à la fin des années 60 et début des années 70», confie le musicien. En fins connaisseurs que vous êtes, vous vous demandez sûrement comment le groupe fait pour performer alors que les deux dernières époques mentionnées par Petrilla sont des époques dites de studio, où les Beatles ne faisaient plus de spectacles. Le musicien a réponse à tout. «C’est vrai qu’une bonne partie de notre spectacle est consacrée à des chansons qui n’ont jamais été jouées live par les Beatles eux-mêmes. Nous nous sommes donc demandé de quoi aurait eu l’air un concert des Beatles en 1969 par exemple», affirme le bassiste qui est gaucher, évidemment. Celui-ci admet que les musiciens doivent aussi laisser place à leurs talents d’acteurs durant leur prestation. «C’est évident qu’on doit jouer les personnages. On dit des trucs que les Beatles avaient affirmés à l’époque. Nous parlons avec la foule aussi. Nous devons improviser un peu également. Après toutes ces années, disons que nous avons une bonne idée de la personnalité des membres des Beatles», ajoute-t-il. Mais pour le reste, Petrilla précise que le tout est by the book, donc très fidèle aux chansons des Fab Four. Contrairement à bien des spectacles du genre, GetBack! n’utilise pas de segments documentaires afin de raconter l’histoire des Beatles. On préfère maintenir l’accent sur les performances des musiciens sur scène. «C’est plus captivant pour les spectateurs de se concentrer sur nous. Certains pensent qu’on attire seulement des fans de la première heure des Beatles, mais au contraire, il y a trois générations qui viennent nous voir. Les plus âgés, qui ont connu cette époque, leurs enfants, qui ont grandi avec cette musique que leurs parents écoutaient et maintenant, les petits-enfants», constate-t-il. Pour voir et entendre ce qui n’est plus possible de voir et ce qu’on ne peut entendre que sur disque de nos jours, le spectacle peut valoir le détour. |