SYMPHONIE DES MILLE SAMEDI À QUÉBECUn spectacle grandiose avec 1000 choristes et musiciensMarc-André Boivin 13-03-2008 | 22h35
Ça grouillait d’activités sur la glace du Colisée Pepsi alors que tout ce beau monde, ils sont précisément 1010 à participer au spectacle, s’exerçait sous la baguette attentive du maestro. Celui-ci ne se gênait pas pour interrompre dès que quelque chose ne faisait pas son affaire. Trop d’écho, solistes trop forts dans ses moniteurs, des choristes qui ne sont pas dans les temps, etc. Peu importe la raison, on arrête et on reprend là où il y a eu faute. On peut toutefois déjà affirmer qu’avec un tel projet dans le cadre du 400e de la ville de Québec, Yoav Talmi a misé juste. Projet d’une vie Les 11 500 personnes qui ont trouvé des billets pour assister à ce spectacle unique ont effectivement rendez-vous avec l’histoire. «C’est le projet d’une vie, une affaire comme ça. Nous avons fait beaucoup de recherche sur la Symphonie no 8 de Gustav Mahler et à notre connaissance, la dernière fois qu’elle a été jouée avec plus de 1000 personnes remonte à 1916 alors que Stokowski l’avait dirigée à Philadelphie», affirme Sophie Galaise, la directrice générale de l’OSQ. La symphonie a bel et bien été jouée au Palais des sports de Bercy à Paris le 6 mars dernier, mais les organisateurs n’avaient pas réussi à réunir autant de monde, devant se contenter de 772 musiciens et chanteurs. Mme Galaise ne cache pas qu’elle a de gros papillons dans l’estomac ces jours-ci. Elle et son équipe ne ménagent pas les heures supplémentaires depuis lundi dernier. Les journées débutent à 8 heures et se terminent rarement avant 23 heures. Imaginez le côté logistique avec tous les artistes. «Les chœurs répètent depuis septembre dernier. Les musiciens, qui pratiquaient chacun de leur côté, sont réunis depuis lundi. Ils étaient toutefois trop nombreux. Il a fallu les diviser en deux groupes», souligne-t-elle. Une moitié a ainsi dû répéter à la Place des Arts de Montréal alors que l’autre faisait de même au Grand Théâtre de Québec. «Juste pour le volet coordination, ça prenait beaucoup de volonté. L’orchestre compte normalement 66 musiciens, mais pour ce spectacle, nous en avons plus de 200 sur le parterre. C’est sans oublier les huit solistes, le chœur constitué d’une centaine d’enfants et les deux chœurs d’adultes. Disons que juste pour les chœurs, c’était un travail monstrueux de coordination que David Rompré a relevé avec brio», ajoute la directrice générale. Si les musiciens sont des professionnels, les chanteurs, eux, sont tous amateurs. Pas évident donc de les faire pratiquer pendant des mois des chansons qui sont soit en latin, soit en allemand. «Disons que c’est différent de Frère Jacques ou encore de Vive le vent», précise Mme Galaise. Mais le jeu en valait vraisemblablement la chandelle si l’on se fie à cette dernière. «C’est tellement gigantesque. Il ne faut pas oublier que nous ne sommes qu’une douzaine d’employés dans les bureaux de l’OSQ. Nous avons travaillé là-dessus pendant des mois. Pour nous, c’est la Symphonie des mille détails, mais c’est aussi une superbe expérience de faire partie de tout ça», lance-t-elle en riant. Radio-Canada déçoit C’est la station de radio WFMT de Chicago qui sera le seul diffuseur du spectacle. Encore là, ça ajoute au côté organisation. La directrice a d’ailleurs réitéré sa déception à la suite de la défection de Radio-Canada qui a refusé de le diffuser. «Nous étions vraiment déçus, le maestro et moi, de voir qu’ils ne diffuseraient pas», affirme-t-elle refusant de remettre davantage d’huile sur le feu. Les tests de son s’effectueront vendredi après-midi alors que deux autres générales sont prévues vendredi soir et samedi matin. Beaucoup de travail qui attend donc les artistes pour cette œuvre de 80 minutes qui sera présentée, samedi soir, sans entracte. Mme Galaise, de son côté, souligne qu’elle fera probablement la grasse matinée dimanche matin. |