SYLVAIN COSSETTEUn plongeon dans les années 70'sAgnès Gaudet Journal de Montréal 09-03-2008 | 04h00
Cossette a finalement commencé sa fameuse tournée 70’s. En treize jours, il présente neuf spectacles dans la province, en passant par Bathurst, Chandler, Rivière-du-Loup, Rimouski, Sept-Îles et Fermont pour revenir aujourd’hui, 8 mars, à LaSalle. La machine est déjà bien en marche et le plaisir emporte le chanteur. «Je vis un vrai trip d’adolescent, de jeune dans la vingtaine, admet-il, enthousiaste. Je suis retourné à ce que je faisais avant.» La réponse du public est excellente. Sylvain Cossette ne pouvait demander mieux. C’est encore plus qu’il n’osait espérer. Dans chaque ville qu’il visite, les gens l’attendent impatiemment, prêts à faire la fête. Les salles sont remplies. Les diffuseurs sont contents. Les supplémentaires se multiplient dans des salles de 800 places et plus. «C’est pas banal», estime le chanteur. «De ma vie – j’ai 44 ans –, je n’ai jamais vu une réaction pareille, admet-il. Les gens attendaient ce show-là. Dès le début du spectacle, ils se mettent à crier. On a installé une caméra dans la salle, on va voir le monde et entendre leurs commentaires. Ça leur rappelle des souvenirs de jeunesse. C’est beau d’entendre ça.» AVOIR 18 ANS En fait, le seul commentaire négatif qu’a reçu jusqu’à maintenant Sylvain Cossette, concernant son nouveau show, portait sur le fait qu’il n’y avait pas, dans les salles visitées, assez de place pour se dégourdir les jambes qui démangent et bondir sur ses pieds pour danser. Mais cette lacune a été corrigée. Sylvain a trouvé une solution et les gens peuvent se laisser aller, comme à l’époque des shows d’aréna. «La beauté de ça, c’est que les gens qui viennent voir le show ont de 7 à 77 ans. Il y a des jeunes et des têtes grises, estime Sylvain. Une des plus belles choses que je me suis fait dire, c’est par un monsieur dans la soixantaine avancée, à Rimouski: J’ai vu le show et j’avais 18 ans!» MUR DE LUMIÈRES Les moments forts sont nombreux dans 70’s. Le rappel, dont il tait le nom, est un gros hit, «un gros number», précise Sylvain. Le band finit en force. Quand, à la deuxième toune de la deuxième partie, Cossette et ses musiciens entament Another Brick in the Wall, de Supertramp, devant le mur de lumières, des éclairages de Michel Bertrand, c’est l’apothéose. «Les gens pognent de quoi, se réjouit Cossette, et nous aussi sur scène.» En tout, Sylvain Cossette et ses supermusiciens, qui sont aussi tous des chanteurs, proposent 35 titres différents, des grands succès de Queen, Elton John, The Beatles, les Rolling Stones et Supertramp, certaines chansons en version originale, d’autres en medley. «Le genre de medley qui ne déçoit pas quand on lâche une toune pour en faire une autre», précise Sylvain. Le chanteur se permettra d’ailleurs de modifier ses choix au fil du temps, d’ajouter des surprises, de changer l’ordre des chansons, d’en supprimer ou d’en ajouter au gré de son feeling, question de garder intacte la magie de cette communion. Une chose est sûre: il fait les deux tiers des pièces qu’on retrouve sur son album 70’s, lequel s’est vendu à plus de 100 000 exemplaires.
UNE TOURNÉE SANS LUISylvain Cossette a tragiquement perdu son producteur de disques bienaimé, Michel Gendron, samedi dernier. Le président de Vega Musique est décédé à l’âge de 49 ans d’une défaillance cardiaque après à une descente en ski. Il était, avec Sylvain, à l’origine du succès 70’s et formait avec le chanteur un véritable team. Le chanteur poursuit son spectacle 70’s, un party du début à la fin, avec tout l’enthousiasme que Michel Gendron aurait espéré. «Life goes on, a déclaré le chanteur. Quand on perd un proche, on a le droit d’avoir de la peine, mais pas le droit d’arrêter de vivre.» C’est le gérant de Cossette, Mark Vinet, qui fait le relais entre Vega Musique (associée à Universal) et le chanteur, dans l’attente d’une restructuration. La carrière d’Andrée Watters est aussi gérée par Mark Vinet. Sylvain Cossette sera en spectacle les 12 et 13 mars au Théâtre St-Denis, et le 22 mars au Grand Théâtre de Québec. Une quarantaine de spectacles s’ajouteront à la tournée 70’s d’ici l’été, tournée qui reprendra à l’automne. Des dates sont déjà réservées jusqu’en 2009. Le chanteur espère terminer cette tournée avec un grand spectacle qui serait présenté au Centre Bell.
C’est fou, mais c’est toughSur scène, Sylvain Cossette s’amuse comme un fou, bien qu’il avoue que son nouveau spectacle est vocalement le plus tough de toute sa vie. Le chanteur a mis les bouchées doubles pour roder son spectacle 70’s. On n’interprète pas les classiques des années 1970 avec désinvolture, mais plutôt avec respect après de profondes réflexions. Outre les réflexions, le chanteur expérimente le plus grand défi vocal de sa carrière. «Mon plus gros challenge», avoue-t-il. Comble de malheur, Sylvain, comme plusieurs artistes en ce moment, a contracté une vilaine grippe. Le chauffage extrême des chambres d’hôtel, les déplacements qui l’ont mené jusqu’à neuf heures durant sur les routes du Québec, même jusqu’à bord d’un traversier en plein hiver, n’aident pas. Ajouté à cela, le manque de sommeil dû aux bruyants parents de jeunes joueurs de hockey qui déambulent dans les corridors des hôtels, patins et bâtons en mains, ou quelques bandes de motoneigistes enjoués et parfois… réchauffés. Même les bouchons dans les oreilles ne suffisent plus. Le chanteur a tout de même relevé le défi. «Des jours, c’est plus dur, admet Sylvain, des jours on se sent plus vieux, même les jeunes se sentent vieux! Mais un coup sur scène, le show est tellement le fun qu’on se laisse emporter». PROMO AVEC ANDRÉE Lors de sa rentrée montréalaise, Sylvain et son groupe seront prêts à affronter la meute de médias, avec «douze shows derrière la cravate ». Ils s’en promettent les 12 et 13 mars au St-Denis. « J’ai réussi à apprendre toutes les chansons (35 titres) et tous les textes. Ça va bien. Ça se place. C’est un beau projet. On tripe. Les musiciens ne veulent pas lâcher. Il y aura 30 ou 40 spectacles d’ici l’été, et on est bien contents. » Devinez qui sera sans doute dans la salle ce soir-là? Andrée Watters, bien entendu. La chanteuse et Sylvain ont finalement avoué leur amour naissant à leur retour de France. « On a travaillé en étroite collaboration depuis les six derniers mois. Les gens voyaient bien la chimie entre nous », dit-il. En tournée provinciale, Sylvain aura peu de temps pour sa nouvelle flamme avec qui il a réalisé le prochain opus. « On va essayer de faire coïncider la promotion de son album (qui sort en avril) avec mes spectacles, dit-il. Mais chacun sa carrière. » |