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Les grands concerts - Kent Nagano remporte son pari haut la main
© Photo Alain Décarie, Le Journal de Montréal
L’accueil des New-Yorkais sera-t-il aussi chaleureux que celui des Montréalais ?

LES GRANDS CONCERTS

Kent Nagano remporte son pari haut la main

Claudia Larochelle
Le Journal de Montréal
04-03-2008 | 10h46

Les New-Yorkais accueilleront-ils aussi bien le programme de l'OSM ce samedi que les Québécois l'ont fait hier dans le cadre de la série Les Grands Concerts ? Chez nous, l'audace naganienne a séduit à Wilfrid- Pelletier.

Opter pour Rocana, une composition spécialement dédiée à Nagano de la compositrice d'origine coréenne Unsuk Chin, semblait risqué aux yeux de plusieurs mélomanes. D'abord, Madame, dont la pièce la plus célèbre s'intitule Acrostic-Wordplay, est peu connue ici. Puis ceux qui connaissent un tantinet son œuvre savent que ses créations relèvent de la haute voltige : plutôt difficiles à exécuter, elles sont très exigeantes techniquement pour les musiciens.

Avant Rocana, présentée en première mondiale hier et coulant sans interruption, engendrée par de subtiles impulsions, interactions et réactions continuellement présentes, les spectateurs ont pu entendre quatre fragments symphoniques du Martyre de saint Sébastien, de Debussy. Un voile de mystère envoûtant créé par l'écriture pour vents s'est installé dans le premier fragment, prélude au premier acte et fort prometteur comme introduction de programme.

Des sonorités plus vives ont terminé ce fragment jusqu'à ce que, dans le dernier, on ait pu sentir des tonalités rappelant le mysticisme de saint Sébastien et empreintes de trémolos et de coups d'archets variés chez les cordes.

L'enthousiasme des spectateurs a réellement atteint son apogée lors du Concerto pour violon en ré majeur opus 35, de Tchaïkovski. Dotée d'un grand lyrisme lors des deux thèmes du premier mouvement, puis plus mélancolique par la suite, cette pièce est sans contredit une des favorites du public, une valeur sûre que Nagano et ses musiciens proposeront dans le Main Hall de Carnegie Hall.

Extase bien défendue

Quant au Poème de l'extase, opus 54, de Scriabine, qu'heure de tombée oblige nous n'avons pas pu entendre jusqu'à la fin, son interprétation pleine d'éloquence a plongé l'assistance dans une succession d'émotions motivée par des changements abrupts de tons bien défendus par l'orchestre, fin prêt à croquer dans la Grosse Pomme pour la première fois avec maestro Nagano.

Reste à voir si l'alliage des morceaux choisis saura séduire nos voisins américains. Le même concert est aussi présenté ce soir, toujours avec la présence marquée du violoniste de renom James Ehnes. À New York, c'est Joshua Bell qui prendra les rennes comme soliste.

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