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Patrick Bruel - Faire les choses en grand
© Le Journal de Montréal
Patrick Bruel

PATRICK BRUEL

Faire les choses en grand

Marie-Joëlle Parent
Le Journal de Montréal
16-02-2008 | 05h00
PARIS — «Il y a longtemps que je n’ai pas sorti un album en bonne et due forme au Québec. Depuis quelques années, je suis moins venu. Là, je veux faire un vrai retour.»

Attendez-vous à entendre beaucoup parler de Patrick Bruel cette semaine. La star de la chanson débarque ce mardi en ville pour cinq jours.

Nouvelle compagnie de disques – Musicor, il a rompu avec Sony BMG Québec –, donc nouvelle stratégie de promotion.

Il y a eu la sortie de l’album Des souvenirs devant (dont les chansons n’ont pas vraiment roulé à la radio) en 2006 et un concert monstre Montréal le 9 juin dernier, mais cette fois, il veut faire les choses en grand.

«Et après, forcément, on fera une grande tournée au Québec», promet-il.

Le public québécois, est-ce le même qu’ailleurs? «Il y a une immédiateté de réaction. C’est un public de connaisseurs. Ils connaissent la chanson. Ils applaudissent au milieu des chansons, je n’ai pas vu ça ailleurs», explique le chanteur.

Patrick Bruel présentera Des souvenirs ensemble, un disque live de 16 chansons enregistrées au Palais Omnisport de Paris-Bercy en mai dernier.

DANS LES COULISSES

Le DVD en deux parties comprend la captation d’un spectacle donné Bruxelles. Le même stade où il avait assisté à 14 ans au show des Rolling Stones.

On découvre les coulisses de la production. Un accès VIP sur petit écran.

Gad Elmaleh, son grand ami, vient d’ailleurs le visiter. Il a fait le trajet en Belgique juste pour le voir. Bruel se confie à chaud à la caméra dès sa sortie de scène. On le voit très émotif, attachant devant l’accueil de son public.

Il y a aussi Bruel l’humoriste, qui aime bien lancer des vannes (blagues) à son public.

La seconde partie est un film sur sa tournée américaine de cinq villes, l’été dernier. Un fantasme devenu réalité pour celui qui a passé sa jeunesse à New York et Los Angeles.

Il est étonnant de voir Bruel angoissé comme un débutant avant chaque spectacle en sol américain.

«Ce fut un succès, sauf qu’aucun journaliste n’est venu. Ils n’avaient pas été prévenus», se désole Patrick Bruel. Ce n’est que partie remise, il compte y retourner.

CINÉMA

En attendant, le cinéma tant américain que français continue de le courtiser. Il a déjà joué dans 29 films.

«Ça a été une année très riche en émotions, une année où j’ai fait mon premier gros succès, Un secret. Le film a touché 2 millions d’entrées en France», dit-il avec fierté.

Il est toutefois amer de ne pas avoir récolté une nomination aux Césars, qui seront remis le 22 février.

«Le film a 11 nominations et moi, ils ne me la donnent pas. Ça agace. Je me dis que pour Titanic c’était la même chose, 14 nominations et aucune pour DiCaprio. C’est bizarre quand même», dit-il.

Il aimerait aussi jouer pour Hollywood. Il profitera de son passage aux Oscars pour faire des rencontres. Il est déjà question d’un rôle de Français ou d’Espagnol dans un film. Il n’ose pas trop s’avancer.

«Tant que ce n’est pas on paper…».

Des souvenirs ensemble, en magasin.

BRUEL ET…

... LA SAGA CARLA BRUNI ET SARKOZY

«Un président ne peut pas rester en état de grâce aussi longtemps sans avoir des soucis. Ce qui est dommage dans cette histoire, c’est que lui, contrairement d’autres présidents, a affiché au grand jour son histoire. Il n’est pas allé se taper un mannequin dans un coin comme ils font tous, comme ils ont tous fait. Une chose est sûre, il a rencontré cette jeune femme et elle, une top-modèle, et lui, président de la République, n’allaient tout de même pas vivre dans les souterrains du métro. Comme il a tout médiatisé, ça déplaît aux gens, mais ça sera passager parce qu’il a plus à apporter.»

… LA POLITIQUE

«Tout le monde était étonné de mon silence radio pendant la campagne [présidentielle], mais je n’allais quand même pas soutenir cette femme, même si j’ai été socialiste toute ma vie. Ségolène en aucun cas n’était la candidate idéale de la gauche et une candidate potentielle à la présidence de la République. Ce n’est pas possible. On s’est retrouvés orphelins.»

… LA PRESSE « PIPOLE »

«Ils s’acharnent sur moi et j’attaque. En France, ce n’est pas facile à contrôler. Ils [les magazines] préfèrent payer les dommages. [En France, la loi dit que chacun est propriétaire de son image. C’est d’ailleurs l’ancien avocat de Bruel qui inventé les lettres de rétractation publiées sur la couverture des magazines]. Il y en certains avec qui j’ai de bonnes relations comme Paris Match. Ce sont eux qui sont venus me voir. [Bruel traverse une situation brûlante, puisqu’il est en instance de divorce avec l’écrivaine Amanda Sthers, avec qui il s’est marié en 2004]. L’entrevue était cadrée. Ça a été sobre et soft. Ils ont respecté ce qu’ils avaient dit.»

… LE TÉLÉCHARGEMENT DE MUSIQUE

«C’est une catastrophe. Ça appauvrit la création. 50% des maisons de disques s’effondrent, elles ne peuvent plus appuyer les nouveaux artistes. Bien sûr, il y l’émergence des nouveaux formats comme les sites comme My Space, mais il y encore un trop grand gouffre entre les deux. Moi, je vends moins de disques, 1,5 million au lieu de 2 millions, mais j’existe en tant qu’artiste sur scène. Mais ceux qui commencent, qui va aller les voir?»

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