ADISQComment redonner au disque ses lettres de noblessePhilippe Renault Le Journal de Montréal 13-02-2008 | 13h29
Tout au long de la campagne Quand on aime la musique pour vrai, la copie non merci, qui prend fin demain, le public a été invité à acheter un album québécois chez l'un des 200 disquaires participants. En retour, il recevait l'une des 35 000 pochettes cadeaux et calendriers de spectacles Temps show. Cette initiative a vu le jour il y a cinq ans (le calendrier a cependant été implanté l'année dernière) et selon la directrice générale de l'ADISQ, Solange Drouin, l'impact est palpable. «Quand on a mis cette campagne en place, il était important de l'inscrire dans une certaine durée. On n'influence pas une mentalité ou un comportement en une seule année. Cela fait en sorte que maintenant, il y a des gens qui attendent toujours la pochette cadeau. On sait même qu'il y a eu une augmentation des ventes durant cette période», indique-t-elle. Naturellement, Mme Drouin est consciente que cette promotion ne peut faire tout le travail. «Ce n'est qu'un moyen. Nous ne sommes pas naïfs! Mais c'est un élément important, parce qu'il y a encore des gens qui apprennent grâce à ça que le téléchargement peut être illégal. Nous voulons enclencher un changement dans les comportements. Parmi les autres solutions, je pense qu'il pourrait être intéressant d'établir des partenariats avec les fournisseurs Internet et développer plus de sites de téléchargement légaux, car le Québec n'est pas aussi bien outillé qu'ailleurs», soutient-elle. Cette dernière ajoute que cette campagne ne vise pas seulement à décrier le piratage musical. Il s'agit aussi de redonner les lettres de noblesse aux disques à titre de présent. «L'objectif n'est pas juste de dire qu'il ne faut pas copier. On dit aussi que c'est un beau cadeau pour la Saint-Valentin et qu'il n'y a pas juste le chocolat et le parfum. Nous voulons positionner la musique comme un cadeau», poursuit-elle. L'impact du spectacle En offrant le calendrier Temps show, qui fait la promotion de 100 spectacles de musique et d'humour dans toutes les régions, l'ADISQ démontre aussi que l'industrie de la musique passe en grande partie par la scène. D'ailleurs, une entente avec le réseau Admission permet d'élargir la promotion à l'achat de billets. Selon les données de l'Observatoire de la culture et de la communication du Québec, chaque spectacle de chanson francophone n'a donné lieu en moyenne qu'à quatre représentations, en 2006. Difficile de se faire valoir à travers la province avec aussi peu d'occasions de se produire. «Il est difficile de mesurer l'impact de cette opération, mais juste en regardant le nombre de visites sur notre site et le succès du concours relié à Temps show, nous sommes encouragés», déclare Mme Drouin. |